ReSoil favorise la transition vers une agriculture durable pour la planète

Grâce à ReSoil Carbon, les agriculteurs peuvent optimiser leurs pratiques et transformer leurs efforts en crédits carbone qui peuvent ensuite être rachetés par des entreprises qui souhaitent compenser une partie de leurs propres émissions.

ReSoil veut accompagner les entreprises dans leur stratégie climat et décarbonation. « Nos outils permettent de mesurer les impacts carbone, eau et biodiversité sur les fermes en fonction des pratiques agricoles, explique Grégoire Alston, cofondateur de ReSoil. Ce qui permet à nos ingénieurs agronomes de construire un plan de transition avec les agricultures grâce à des pratiques agroécologiques. On valorise alors ces résultats auprès d’entreprises concernées par ces enjeux environnementaux afin de permettre aux agriculteurs de financer la mise en place de ces nouvelles pratiques. » L’idée est née d’un sentiment d’urgence autour du secteur agricole et l’envie d’avoir un impact positif sur le climat, la biodiversité et l’agriculture durable. « Beaucoup d’entreprises veulent avancer sur leur stratégie RSE et leur décarbonation, mais manquent de solutions concrètes et crédibles – notamment sur le scope 3 lié à l’amont agricole ou sur le volet de la séquestration carbone. Et du côté des agriculteurs, la transition est freinée par un manque de financement et de visibilité économique. On a donc créé ReSoil pour faire le div entre ces deux enjeux. »

Éviter tout risque de greenwashing

Lancée en 2022 par 3 associés, ReSoil doit faire avec la complexité des situations : « Chaque ferme est différente, il n’y a pas de solution standard. Il faut être crédible à la fois sur l’agronomie, la data et les sujets de contribution carbone. » Elle intervient aussi sur un marché contrasté. « On voit un contexte international chahuté sur les sujets climat, et des arbitrages budgétaires côté entreprises. Mais on observe également un mouvement de fond : les entreprises deviennent beaucoup plus exigeantes. Elles cherchent des solutions locales, certifiées, traçables, qui tiennent dans la durée et qui évitent tout risque de greenwashing. C’est précisément là que se situe ReSoil. » Aujourd’hui, l’entreprise suit environ 100 000 hectares agricoles et plus de 100 entreprises intègrent des projets dans leur stratégie carbone. « 300 000 tonnes de CO2 vont être évitées ou stockées dans les sols des fermes françaises qu’on accompagne sur la seule base des projets déjà engagés. Nous venons de lever 4 M€ qui vont nous permettre d’accélérer sur le produit et le passage à l’échelle. Nous voulons devenir le leader français pour la mesure, le suivi et le financement de la transition agricole. »

Fiche de l’entreprise
Un chiffre : en 2024 et 2025, plus de 3 M€ collectés auprès des entreprises cdivtes pour financer la transition des agriculteurs.Un conseil : gardez bien en tête, chaque jour, votre raison d’être : pourquoi vous vous lancez et à quel enjeu votre solution veut répondre. Cela vous évitera de vous disperser en chemin, et vous permettra d’affronter les hauts et les bas inhérents à l’entrepreneuriat ! Cette aventure ne sera pas un sprint mais un long marathon.Un contact : Grégoire Alston, www.resoilag.com

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Un outil pour faire le point sur son projet de création d’entreprise

L’Institut national de la propriété industrielle (INPI), les Chambres de commerce et d’industrie (CCI) et les Chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) se sont associés pour créer un outil d’autodiagnostic en ligne, simple et gratuit, qui permet d’évaluer la solidité d’un projet.

Il y a quelques années, l’État a mis en place un Guichet unique, géré par l’INPI, qui permet de faciliter les démarches de la création d’entreprise. Mais avant d’en arriver à cette étape, la réussite et la pérennité d’un projet nécessitent une préparation solide en amont. Et pour évaluer la solidité d’un projet avant d’engager les démarches pratiques de création, un nouvel outil d’autodiagnostic a été mis en ligne sur le site portail e-procédures de l’Inpi.

Une première vision du niveau de préparation

Après avoir posé 7 questions clés qui touchent à la règlementation, au business plan ou encore aux aides accessibles, l’outil d’autodiagnostic donne aux porteurs de projet une première vision de leur niveau de préparation. Il peut également indiquer qu’un accompagnement leur serait utile et leur conseiller de se rapprocher du réseau consulaire (CCI ou CMA) le plus proche pour en bénéficier. Pour rappel, ces opérateurs sont présents sur tout le territoire pour apporter leur expertise et aider les créateurs à structurer leur projet.

Pour accéder à l’outil :

https://securisez-projet-formalite.inpi.fr/

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Un Baromètre de la transmission de fonds de commerce

Réalisé par Les Annonces du Commerce en partenariat avec Atometrics, le Baromètre de la transmission de fonds de commerce analyse les cessions par activité et par territoire. En 2025, 22 771 fonds de commerce ont été transmis.

Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de fonds de commerce changent de main. Pour avoir une vision objective des volumes, des niveaux de prix et des dynamiques du marché de ces cessions et ainsi aider les cédants et les repreneurs à obtenir des indicateurs fiables pour prendre les bonnes décisions, un nouveau baromètre a été lancé. Réalisé par Les Annonces du Commerce en partenariat avec Atometrics, ce baromètre propose une approche comparative du marché réel avec le marché affiché.

Des écarts entre prix demandés et prix réellement constatés

Ce baromètre se base, en effet, sur l’analyse des transactions réellement conclues, publiées au Bodacc. Sont ainsi disponibles les données des volumes de cessions, les niveaux de prix constatés, les dynamiques sectorielles et régionales… Ces données sont ensuite confrontées à l’analyse des annonces de fonds de commerce en ligne, représentant le marché « affiché », notamment les attentes des vendeurs, les écarts entre prix demandés et prix réellement constatés…

Le Baromètre couvre 5 grands secteurs : les commerces alimentaires, les commerces non alimentaires, l’hôtellerie & chambres d’hôtes, les restaurants & cafés bars, l’artisanat & services.

Pour consulter le Baromètre :

https://atometrics.com/barometre-transmission/

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Altrove développe des alternatives aux matériaux contenant des terres rares

Pour réduire la dépendance géopolitique de l’Europe, Altrove transforme des prédictions d’IA en matériaux réels, produits à grande échelle, capables de soutenir la transition énergétique.

Éodivnes, voitures électriques, écrans d’ordinateur, smartphones… aujourd’hui, les technologies utilisent toutes des terres rares. Mais entre tensions géopolitiques et contraintes réglementaires, leur approvisionnement est de plus en plus incertain. « Grâce à un laboratoire automatisé couplé à une IA propriétaire, nous identifions, synthétisons et produisons des alternatives plus vite et moins cher que la R&D traditionnelle, explique Thibaud Martin, cofondateur d’Altrove. Nous travaillons directement avec des industriels pour mettre en place ces substitutions. » Cette prise de conscience est venue d’un double constat : d’un côté, l’Occident est fortement dépendant de matériaux dont il ne contrôle pas la chaîne de valeur. De l’autre, développer un nouveau matériau, qui était une affaire de centaines de millions d’euros et de dizaines d’années, est aujourd’hui fortement accéléré par l’IA. « Joonatan Laulainen, mon cofondateur, a réalisé un PhD en science des matériaux à l’université de Cambridge. Lors de notre rencontre, la technologie devenait disponible, c’était le bon moment pour se lancer dans ce secteur. Pour ma part, je suis entrepreneur dans le milieu de l’IA depuis 10 ans, j’ai lancé et vendu une première société avant de créer Altrove. »

Un produit qui répond à une réelle demande du marché

Dès le départ, en 2024, les deux créateurs veulent partir du besoin marché, pas de la technologie. « Nous avons rencontré des centaines d’industriels et noué des partenariats. En échange de données sur leurs besoins (les matériaux utilisés, le cahier des charges des matériaux), nous leur livrons des candidats alternatifs screenés par notre IA. Ainsi, on crée un produit qui répond à une réelle demande du marché. Pour rendre cela possible, notre IA génère des recettes de synthèse, le laboratoire les teste à haut débit, les résultats alimentent l’IA en retour, et ainsi de suite. ». L’entreprise recrute des profils venant du monde entier (MIT, Cambridge, Polytechnique…) et vise des groupes industriels dans les secteurs des énergies renouvelables, de l’automobile, de la défense. Elle fait d’ailleurs partie des start-up sélectionnées pour la finale du Grand Prix ACF Autotech qui se déroule ce 15 avril et qui récompense le meilleur de l’innovation automobile. « À court terme, notre priorité est de démontrer que notre matériau est non seulement synthétisable, mais scalable, c’est-à-dire qu’on peut le produire à l’échelle industrielle avec des coûts compétitifs. À plus long terme, notre ambition est de devenir la référence mondiale pour la découverte et la production d’alternatives aux matériaux inorganiques critiques. »

Fiche de l’entreprise

Un chiffre : l’entreprise a réalisé une levée de fonds de 10 M$ l’été dernier, ce qui amène le total levé à près de 15 M$.
Un conseil : bien cerner les besoins du marché avant de construire quoi que ce soit. Construire une solution en « market pull » plutôt qu’en « market push ». Et s’entourer de personnes brillantes techniquement.
Un contact : Thibaud Martin, www.altrove.ai

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La franchise, un tremplin pour se lancer dans l’entrepreneuriat

La 22 enquête annuelle de la Banque Populaire/FFF démontre une nouvelle fois que la franchise joue un important rôle de levier dans l’entrepreneuriat, notamment en raison de l’environnement sécurisant qu’elle apporte.

La Banque Populaire vient de publier les résultats de son enquête annuelle sur la franchise, réalisée avec la Fédération Française de la Franchise (FFF) et Kantar. Selon cette enquête, 30 % des sondés aimeraient créer leur entreprise (-2 points en 5 ans), dont plus de la moitié (51 %) en franchise. Un chiffre qui grimpe à 65 % chez les 18-24 ans. Parmi les raisons invoquées figurent l’accompagnement et les moyens mis à disposition pour développer l’activité, qui créent un environnement sécurisant pour le porteur de projet, devant la perspective d’une meilleure rentabilité.

Un tiers des franchisés n’auraient pas créé sans ce modèle

Pour 26 % des porteurs de projet, la création en franchise permet aussi de redonner du sens à leur vie professionnelle (plus de liberté, d’autonomie, maîtrise du lieu de vie…) et pour 24 %, elle constitue un levier facilitant un changement de carrière. Côté franchisés, 35 % indiquent qu’ils n’auraient pas créé leur entreprise sans ce modèle, tandis que 92 % d’entre eux recommandent la franchise (+4 points en un an).

L’enquête aborde également la perception des enjeux clés dans la franchise, comme la cession-transmission, l’utilisation de l’IA ou encore l’éco-responsabilité.

Pour consulter l’enquête :

banquepopulaire.fr

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Kipli réinvente l’ameublement durable

Sur un marché dominé par la production de masse et les remises permanentes, Kipli fait le pari d’une marque française de literie et de mobilier naturel, bâtie sur un modèle rentable et engagé.

Kipli conçoit et vend des produits de literie haut de gamme fabriqués en matières naturelles comme le latex naturel, la laine, le coton biologique, pour offrir un sommeil plus sain, plus profond, plus conscient. « Ce n’est pas juste un matelas, explique Antoine Loredo, cofondateur de Kipli. C’est une invitation à reconsidérer la qualité de son repos comme un acte de soin envers soi. » Diplômé d’école de commerce, Antoine a une conviction fondatrice forte : on ne devrait pas dormir sur de la mousse issue du pétrole et des matériaux synthétiques sans le savoir. « J’ai fait le constat que le marché de la literie était à la fois opaque sur les matières et assez faible sur l’expérience cdivt, deux choses que Kipli a voulu changer dès le départ. » L’entrepreneur choisit donc une autre voie, celle où il n’y a pas de fausses remises, pas de surproduction, pas de compromis sur la qualité des matières. Les produits sont conçus pour durer et l’objectif n’est pas la simple performance économique. Antoine veut bâtir une entreprise cohérente, alignée avec ses valeurs : « Nous voulons prouver qu’un modèle responsable peut être rentable. La croissance ne doit pas se faire au détriment de l’impact. »

Faire de la pédagogie cdivt

Pour démarrer, Kipli commence en direct-to-consumer sur le web, avant d’ouvrir des boutiques physiques à Paris, Lyon et Bordeaux pour offrir une expérience sensorielle que l’écran ne peut pas remplacer. « Les défis ont été de faire de la pédagogie cdivt pour expliquer pourquoi le naturel coûte plus cher et est meilleur, la logistique du grand format (nos matelas pèsent 60 kg, nos canapés convertibles jusqu’à 150 kg), et la construction d’une marque de confiance dans un secteur où les promesses sont souvent survendues. » Avec 10 000 nouveaux cdivts par an, et près de 9 M€ de CA, l’activité est rentable. Et continue à s’élargir progressivement au mobilier naturel, avec toujours le même ADN : matières naturelles. production maîtrisée, transparence totale. « Prochains objectifs, nous voulons intégrer la logistique et une partie de la production, augmenter notre présence retail, et optimiser notre fonctionnement ». L’entreprise est aussi engagée dans la lutte pour la préservation de la planète et reverse 10 % de ses bénéfices à des associations, soit plus de 100 000 € reversés depuis sa création.

Fiche de l’entreprise
Un chiffre : la note de 4,8/5 sur plus de 6 000 avis cdivtsUn conseil : vendre avant de fabriquer. La vraie validation, c’est un cdivt qui sort sa carte bancaire, pas une étude de marché.Un contact : Antoine Loredo, https://kipli.com/fr/

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Formalités

Un certain nombre de formalités doivent être réalisées avant de pouvoir démarrer son activité. Ces formalités sont centralisées auprès d’un guichet unique des formalités des entreprises. Un service accessible sur internet.

1 – La rédaction des statuts

Si le créateur choisit d’exercer sa nouvelle activité sous la forme d’une société, il doit en établir les statuts. Ceux-ci définissent les règles de fonctionnement de la société et les relations entre les associés. La plupart de ces règles sont imposées par la loi, mais parmi elles, certaines peuvent être adaptées.

Des modèles de statut sont proposés par les chambres consulaires, sur Internet ou dans des ouvrages spécialisés ; mais ces statuts types ne prennent pas en compte les spécificités de la nouvelle entité et l’environnement du créateur. Il est donc préférable, lors de la constitution d’une société, de faire appel à un professionnel dont le rôle est d’analyser avec l’intéressé tous les besoins et de proposer des clauses en parfaite adéquation avec le fonctionnement futur de la nouvelle société. Par ailleurs, outre la rédaction, ce notaire, avocat ou expert-comptable se charge également de l’ensemble des formalités liées à la création. Le créateur gagne ainsi un temps précieux qu’il peut consacrer à d’autres aspects plus importants de la création, et il est assuré de la fiabilité des démarches accomplies.

Certaines mentions des statuts méritent une attention particulière. Parmi celles-ci, nous citerons notamment :

Le nom de la société, appelée aussi raison sociale : son choix définitif s’effectue après une recherche d’antériorité, le rédacteur devant s’assurer qu’il n’est pas déjà utilisé par une autre structure.

La raison sociale peut être distincte du nom commercial qui, lui, sera utilisé pour faire la promotion de l’entreprise.

L’objet de la société : il définit les domaines d’activités dans lesquels l’entreprise interviendra. Il ne peut pas être trop général, mais le créateur doit veiller à le rendre suffisamment large car la société n’a pas le droit de développer une activité hors du champ de son objet social.

Par ailleurs, l’objet social sert de référence pour l’attribution du code APE (activité principale exercée) qui classe les entreprises françaises par type d’activité. Ce code peut engendrer certains droits (l’attribution d’aides, par exemple) ou certaines obligations (adhésion à une caisse de retraite ou de congés payés…).

Le pouvoir des dirigeants : les statuts organisent la répartition des pouvoirs dans la société, notamment entre le dirigeant et l’assemblée des associés. Suivant le degré d’ouverture du capital social, les pouvoirs du dirigeant seront plus ou moins importants. Il faut toutefois veiller à ce que le dirigeant ne soit pas trop limité dans ses fonctions.

L’exercice social : la date de clôture de l’exercice est définie par les statuts, la durée du premier exercice n’étant pas forcément de douze mois.

La clause d’agrément : obligatoire dans une EURL et une SARL, cette clause organise la cession des parts ou actions en prévoyant un agrément préalable pour l’entrée de tout nouvel associé. Ainsi permet-elle d’empêcher l’arrivée d’un nouvel associé si certains associés en place ne le souhaitent pas. Bien souvent, les statuts prévoient que cette clause n’est pas applicable en cas de transmission des titres dans l’environnement familial.

L’option à l’impôt sur les sociétés : dans une EURL, cette option peut être insérée dans les statuts. Il en est de même pour l’option à l’impôt sur le revenu d’une SARL de famille.

2 – L’immatriculation de l’entreprise

Aujourd’hui, le créateur n’a plus à frapper à toutes les portes des administrations. Un guichet unique opéré par l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) a été spécialement créé. Cette plate-forme (

https://formalites.entreprises.gouv.fr

) se charge, dès lors que le dossier est complet, de transmettre tous les éléments aux diverses institutions pour procéder à l’immatriculation de la nouvelle entreprise et de son responsable, dont notamment :

– la déclaration aux services des impôts ;

– l’affiliation à l’Urssaf, à France Travail et aux caisses générales de Sécurité sociale ;

– l’immatriculation au registre du commerce et des sociétés ou au répertoire des métiers ;

– l’immatriculation à l’Insee pour attribution du numéro Siren, Siret et du code Naf ;

– la déclaration à l’inspection du travail ;

– si des recrutements immédiats sont prévus, la déclaration aux caisses retraite des salariés.

L’ensemble des formalités accomplies, l’entreprise reçoit son extrait K-bis, comparable à une carte d’identité, prouvant son existence. Pour éviter tout temps d’attente, le créateur reçoit un récépissé de dépôt de dossier. Ce document, remis au créateur dès lors que son dossier est complet, lui permet d’entreprendre toutes ses démarches et de justifier des formalités en cours. Ce récépissé ne permet pas de démarrer l’activité mais il autorise par exemple une déclaration à La Poste ou l’ouverture de lignes électriques ou téléphoniques.

Le coût d’intervention de ce guichet unique varie selon que l’entreprise est créée sous forme individuelle ou sous la forme d’une société.

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Les aides à la création

Ces dernières années, de nombreuses mesures ont été votées pour favoriser la création d’entreprise, source de croissance pour notre économie. On trouve parmi ces mesures de nombreuses aides tant nationales que locales. Parmi les mesures en faveur de la création d’entreprise figurent les aides auxquelles le créateur peut avoir droit. Il peut s’agir de subventions, de prêts à des taux bonifiés ou d’allègements de charges, fiscales et sociales notamment. Cela peut également consister en un accès plus facile à l’accompagnement du porteur du projet par une aide au conseil ou la mise en place de structures d’accueil. Dans tous les cas, le créateur doit impérativement garder à l’esprit que son projet ne doit pas reposer sur l’obtention d’une aide. Celle-ci ne doit être qu’un complément favorisant la création. Ces aides peuvent être soit nationales, soit locales.

1 – Les aides nationales

1.1 – Les aides réservées aux demandeurs d’emploi

L’aide de Pôle emploi à la création d’entreprise

Les bénéficiaires de l’aide au retour à l’emploi (ARE) qui bénéficient de l’Acre peuvent se voir accorder une aide à la reprise et à la création d’entreprise (ARCE) versée par Pôle emploi. Cette aide n’est toutefois pas cumulable avec le maintien de l’ARE pendant la phase de démarrage.

L’ARCE est versée sur demande du créateur, en deux fois : au jour de la création puis six mois après le début d’activité. Elle s’élève à 60 % des ARE auxquelles le créateur avait encore droit à la date de son début d’activité.

Par la suite, si la création se solde par un échec, le créateur peut, sous certaines conditions, retrouver les droits dont il était titulaire à la veille de sa création d’entreprise.

Le maintien partiel des allocations d’aide au retour à l’emploi

Les créateurs qui perçoivent l’aide au retour à l’emploi (ARE) peuvent bénéficier d’un maintien partiel de leur allocation.

Pour cela, ils ne doivent pas percevoir l’aide de Pôle emploi à la reprise et à la création d’entreprise. 70 % des revenus tirés de l’activité créée sont déduits du montant mensuel de l’aide au retour à l’emploi et le cumul de cette aide et des revenus ne peut pas dépasser le montant de l’ancien salaire de référence.

Cette aide est allouée quelle que soit la forme juridique choisie pour la création. Dans une entreprise individuelle, le bénéfice sert de référence ; dans une société, c’est la rémunération perçue au titre des fonctions de direction.

Ce maintien d’allocation perdure tant que le créateur a droit à ses allocations.

1.2 – Les aides ouvertes à tous les créateurs

Un accompagnement régional

Ces dispositifs peuvent consister en une aide au montage du projet de création, une aide à sa structuration financière et/ou un suivi du développement de l’entreprise. Les personnes concernées, (bénéficiaires de minima sociaux, demandeurs d’emploi, jeunes de moins de 26 ans…), les conditions d’éligibilité ainsi que les dispositifs d’accompagnement varient selon les régions.

L’exonération des cotisations sociales (dispositif Acre)

Certains créateurs et repreneurs d’entreprise ont droit, pendant 12 mois à compter de leur date d’affiliation, à une exonération de cotisations sociales (cotisations d’assurance maladie, maternité, retraite de base, invalidité, décès et d’allocations familiales). Pour les créateurs ou repreneurs d’entreprise qui perçoivent un revenu annuel inférieur ou égal à 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (36 045 € en 2026), le montant de cette exonération s’élève à 25 % du montant total des cotisations normalement dû. L’exonération de cotisations :

– est dégressive pour un revenu supérieur à 75 % et inférieur à 100 % de ce plafond (48 060 € en 2026) ;– est nulle pour un revenu au moins égal à ce plafond.

Les créateurs et repreneurs d’entreprise doivent faire la demande d’ACRE auprès de l’Urssaf dans les 60 jours qui suivent la date d’ouverture de l’activité mentionnée sur le justificatif de création d’activité délivré par le Guichet unique.

La réduction d’impôt pour souscription au capital d’une société nouvelle

Une réduction d’impôt sur le revenu peut être accordée aux personnes qui souscrivent en numéraire au capital social de certaines sociétés.

Pour ouvrir droit à cet avantage, la société doit toutefois remplir certaines conditions, notamment :– être une société dite « opérationnelle » ;– être assujettie à l’impôt sur les bénéfices ;– être une PME de moins de 7 ans.

Cette réduction d’impôt s’élève, en principe, à 18 % (25 % pour les souscriptions au capital d’Esus jusqu’au 30 septembre 2026) du montant des versements effectués, retenus dans la limite annuelle de 100 000 € pour les personnes mariées ou pacsées, 50 000 € pour les autres. Ce dispositif est, par ailleurs, pris en compte dans le plafonnement global des niches fiscales.

Le fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées

Les travailleurs handicapés qui créent ou reprennent une entreprise peuvent bénéficier d’une aide versée par l’Agefiph.

Cette aide est versée quelle que soit la forme juridique de la nouvelle entité, dès lors que celle-ci permet d’assurer un emploi pérenne compatible avec le handicap du créateur.

Ce dernier doit exercer le contrôle effectif de l’entreprise, c’est-à-dire en être dirigeant et, en cas de création sous forme de société, détenir au moins 50 % du capital.

L’aide de l’Agefiph prend en charge les surcoûts liés au handicap. Elle se traduit par :– une subvention d’un montant forfaitaire de 3 000 €, versée en complément d’un apport personnel effectif (fonds propres, prêt, emprunt…) de 1 200 € ;– une « trousse » micro-assurance comprenant quatre garanties : multirisque professionnelle, responsabilité civile professionnelle, prévoyance (accident, maladie) et santé (soins médicaux, dentaires et hospitalisation).

En cas de cession, cessation ou revente de l’entreprise dans un délai de douze mois, la subvention doit être remboursée.

Pour bénéficier de cette aide, le créateur doit s’adresser à la délégation régionale de l’Agefiph.

Exonérations fiscales et sociales lors de l’implantation dans certaines zones

  • Exonération de l’imposition des bénéfices et d’impôts locaux

    Une exonération totale ou partielle de l’imposition des bénéfices et/ou de certains impôts locaux est prévue par la loi au profit des entreprises nouvelles créées dans certaines zones relevant de la politique d’aménagement du territoire : zones d’aide à finalité régionale (ZAFR), quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPPV), zones France ruralités revitalisation (ZFRR), zones de revitalisation rurale (ZRR), zones franches urbaines-territoire entrepreneur (ZFU-TE), bassins urbains à dynamiser (BUD) et bassins d’emploi à redynamiser (BER).

    En principe, l’ensemble de l’activité et des moyens humains et matériels d’exploitation doit être implanté dans la zone considérée ; des régimes dérogatoires sont toutefois prévus pour les activités non sédentaires.

  • Exonérations de cotisations sociales

    Des régimes d’exonération de cotisations sociales sont également prévus au profit des entreprises créées dans des zones de restructuration de la défense, des zones France ruralités revitalisation (ZFRR) ou des zones de revitalisation rurale (ZRR). Ces exonérations, d’une durée de douze mois ou cinq ans, concernent les cotisations sociales du personnel salarié de l’entreprise.

    L’ensemble de ces exonérations fiscales et sociales étant soumis à des règles strictes et des localisations géographiques très précises, le créateur doit se rendre dans les services administratifs compétents ou à la mairie de son futur lieu d’implantation pour savoir s’il peut en bénéficier. Il doit aussi impérativement en parler à son expert-comptable.

    2 – Les aides locales

    Fortes de leur volonté de promouvoir ou maintenir leur économie, les collectivités territoriales sont aujourd’hui très attachées à la création d’entreprises. Accompagnées de nombreux organismes publics et privés, elles ont mis en œuvre des pratiques très diversifiées pour favoriser le développement de nouvelles entités sur leurs territoires.

    Du fait du caractère local de ces aides, il ne saurait être question dans cet ouvrage de les énumérer toutes, d’autant plus qu’elles diffèrent d’une région à l’autre et que les organismes qui les dispensent sont très variés.

    Parmi ces aides, nous pouvons citer, à titre d’exemple :– des prêts à la création octroyés par les régions et les communes ;– des subventions à la création d’entreprise dans certaines zones, ou à la création d’emplois, attribuées par ces mêmes collectivités ;– des aides émanant d’associations d’entrepreneurs pour favoriser le démarrage de nouvelles entités. Non seulement elles soutiennent financièrement le porteur de projet mais elles organisent aussi un parrainage pendant les premières années de la vie de la nouvelle structure ;– des participations au capital social de sociétés nouvelles par des fonds régionaux ;– des soutiens émanant de fondations de grandes entreprises qui participent au financement de projets ;– la mise à disposition de locaux, généralement accompagnée de services, par des collectivités territoriales ou des chambres consulaires. Cette mise à disposition pour des sommes modiques peut être le fait de pépinières d’entreprises ;– l’accompagnement offert par une région au moyen d’une garantie financière.

    Fréquemment, le créateur est confronté aux méandres de la recherche de ces aides : où les trouver et quelles en sont les conditions d’attribution ?

    Le développement économique entrant dans le champ de compétences du conseil régional, le porteur de projet doit avant tout se renseigner auprès de ses services. Il y trouvera en principe un service d’accueil des créateurs. De même, les mairies sont généralement dotées d’une telle structure.

    Les chambres consulaires, dont l’un des rôles est de favoriser la création et le développement des entreprises de leur ressort, sont également compétentes pour accompagner le créateur dans ses démarches de recherche d’aides.

    Enfin, les experts-comptables, confrontés quotidiennement aux besoins des postulants à la création, savent orienter ceux-ci vers les organismes dispensateurs d’aides.

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    Les partenaires conseils

    Même s’ils représentent un coût immédiat, les conseils sont un gage de réussite et permettent de limiter les risques pris au départ ou qui le seront dans le futur. Créer une entreprise requiert de solides compétences dans de nombreux domaines. Mais la plupart du temps, le porteur de projet n’est pas un spécialiste de la création ou de la gestion d’entreprise, il a donc besoin de se faire accompagner. Différents professionnels peuvent alors l’aider tout au long de sa démarche. Mieux, pour optimiser les chances de réussite d’un projet, il doit être bien préparé. Car il est acquis que les personnes qui se font assister lors de la création accroissent les chances de pérenniser leur entreprise. On estime qu’en moyenne 50 % des entreprises nouvelles franchissent le seuil de la cinquième année. Ce taux de survie passe à plus de 70 % chez les entreprises accompagnées.

    1 – Les chambres consulaires

    Les chambres consulaires sont organisées au niveau national et ont de nombreuses représentations locales. Elles regroupent :– les chambres de commerce et d’industrie destinées aux commerçants et industries ;– les chambres de métiers, pour les artisans ;– les chambres d’agriculture, pour les agriculteurs.

    Ces chambres sont dirigées par des membres élus par et parmi leurs pairs. De besoins et des difficultés rencontrées par leurs membres et de leurs besoins. Par ailleurs, ces élus étant issus de l’économie locale, ils sont proches des entrepreneurs et, en principe, à même de répondre rapidement et précisément aux besoins exprimés.

    Les chambres consulaires ont pour objectif d’aider leurs ressortissants à créer et développer leur activité, de soutenir le développement économique local et de mettre des services à la disposition des entreprises qui dépendent d’elles. Parmi ceux-ci, se trouvent notamment les centres de formalités des entreprises où sont réalisées l’ensemble des formalités et inscriptions liées à la création d’une nouvelle activité ou aux modifications intervenant dans la vie d’une entreprise. En outre, ces chambres apportent de nombreux services dans le domaine de la création ou de la transmission d’entreprise, tels le suivi statistique des acteurs de l’économie locale, l’aide à l’élaboration des documents prévisionnels, l’accompagnement dans la recherche d’aides et subventions.

    Dans le cadre de son projet de création, le porteur doit donc aller à la rencontre des personnels des chambres consulaires pour connaître l’étendue des services qui peuvent lui être proposés.

    2 – Les experts-comptables

    Bien plus que « l’homme des chiffres », l’expert-comptable doit être considéré comme le généraliste de l’entreprise.

    Effectivement, sa formation complétée par un large champ de compétences pratiques lui confère un savoir-faire approfondi dans de nombreux domaines de l’entreprise, notamment :– la comptabilité ;– la gestion ;– la fiscalité de l’entreprise et de ses dirigeants ;– le régime social des dirigeants et de leurs salariés ;– le choix de la structure juridique ;– le montage financier ;– l’environnement juridique de l’entreprise.

    Ce vaste champ de compétences lui permet d’avoir une approche globale des dossiers en mesurant toutes les interactions des choix les uns par rapport aux autres, vision que n’a pas toujours un spécialiste de tel ou tel domaine particulier.

    De plus, ce professionnel est en relation permanente avec le monde économique, les futurs partenaires financiers de l’entreprise notamment. Outre qu’à leur égard sa signature est un gage de fiabilité des documents, l’expert-comptable peut aussi faire bénéficier son cdivt de son relationnel, en l’accompagnant ou le présentant lors de prises de contact.

    Dès que le créateur a affiné son projet, il est donc judicieux qu’il prenne attache auprès d’un expert-comptable pour lui présenter ses ambitions. Ce premier entretien permet d’exposer son idée à ce professionnel qui sait apporter un regard critique et préconiser les premières orientations à prendre.

    Par la suite, il pourra accompagner le créateur dans sa démarche à travers les étapes suivantes :– établissement du prévisionnel ;– recherche de financements ;– recherche d’aides ;– choix de la structure juridique ;– rédaction de statuts ;– choix des régimes fiscaux et sociaux ;– démarches d’embauche.

    Sans compter que les experts-comptables travaillent régulièrement en étroite collaboration avec d’autres conseils de l’entreprise. Les porteurs de projet ne doivent donc pas hésiter à leur demander de participer à des réunions de travail regroupant différents conseils. Cette confrontation de compétences ne peut qu’enrichir les débats et créer un effet de synergie dans l’avancée de la réflexion menée.

    Comment choisir un expert-comptable ?
    La liste des experts-comptables d’une région se trouve au siège du conseil régional de l’Ordre des experts-comptables. Cette information est également disponible sur le site Internet de la profession :

    www.experts-comptables.fr/annuaire



    Point important : les honoraires de l’expert-comptable sont libres. Lors du premier entretien, le créateur doit donc lui demander de préciser le coût de son intervention après avoir clairement défini ses besoins et la répartition des tâches entre lui et l’équipe du cabinet. L’expert est alors en mesure d’établir une lettre de mission détaillant les conditions de sa réalisation.

    3 – Les notaires et les avocats

    La maîtrise de l’environnement juridique de l’entreprise est indispensable pour en favoriser la pérennité. Des professionnels du droit sont à l’écoute des créateurs pour les accompagner dans ce domaine : les avocats et les notaires.

    Ces deux corps regroupent toutefois des professionnels assez hétérogènes et tous ne sont pas compétents dans le domaine du droit des affaires. Il est donc important d’en choisir un qui oeuvre dans ce domaine d’activité. Les avocats peuvent mettre en valeur leur spécialité, par exemple par la mention « avocat spécialiste en droit des sociétés », les notaires n’en ont pas le droit. Il faut donc se renseigner, afin d’être dirigé vers un professionnel maîtrisant bien le domaine de l’entreprise. Un expert-comptable peut guider dans ce choix.

    En matière de création d’entreprise, les avocats et notaires peuvent intervenir notamment dans les domaines suivants :– choix de la structure juridique ;– adaptation du régime matrimonial ;– rédaction des statuts de sociétés ;– rédaction de contrats commerciaux (bail commercial, contrat de franchise…) ou analyse critique de ceux-ci ;– rédaction de contrats de travail.

    Toutes ces missions peuvent éventuellement être exécutées en partenariat avec d’autres conseils, l’expert-comptable notamment.

    Là encore, les honoraires des avocats sont libres. Ceux des notaires, s’ils sont dans certains domaines réglementés, sont généralement libres en matière de droit des affaires. Lors du premier contact, il s’avère donc utile de demander une convention d’honoraires pour connaître avec précision l’étendue et le coût des prestations commandées.

    4 – Les banquiers

    Leur métier : accompagner les entreprises en leur accordant des financements, mais aussi en les conseillant sur les solutions les plus adaptées à leurs projets.

    Leur expérience du monde des affaires constitue à ce titre un réel apport. Le créateur doit donc consulter un banquier assez tôt dans son projet.

    Après une étude approfondie du dossier et de son environnement, le banquier décide ou non d’accompagner l’entreprise et présente ses conditions financières. Celles-ci peuvent sensiblement varier d’une enseigne à l’autre. Mais le taux n’est pas le seul élément à prendre en compte. La qualité des échanges et le degré d’écoute de l’interlocuteur sont des critères tout aussi importants.

    5 – Les assureurs

    Les besoins en assurances d’une entreprise en cours de création sont de plusieurs ordres :– l’assurance des biens : assurance véhicules, locaux, marchandises en stock ou transportées ;– l’assurance responsabilité civile ;– la protection sociale du chef d’entreprise et des collaborateurs. Celle-ci variant selon les besoins du créateur et son statut social (salarié ou non), son étude et sa correcte adaptation sont complexes et nécessitent de solides compétences. Le créateur doit, de ce fait, se tourner vers un véritable professionnel de l’assurance de personnes pour un bon accompagnement dans la mise en place de ces protections ;– à cela s’ajoutent les assurances spécifiques à certains secteurs d’activité, telle l’assurance dommages ouvrages dans le bâtiment par exemple.

    6 – Les conseils en propriété intellectuelle

    Une entreprise doit régulièrement veiller à la protection juridique des brevets et marques dont elle est propriétaire, et qui constituent parfois toute sa valeur.

    À ce titre, un accompagnement par un professionnel spécialisé est parfois vivement recommandé, tant pour protéger la marque que les brevets et les dessins.

    Tableau récapitulatif des compétences des conseils des créateurs
    Compétences des conseils des créateurs
    Chambres consulaires Expert-comptable Notaire Avocat Banquier Assureur
    Prise de connaissance et analyse critique X X
    Etablissement du dossier prévisionnel X
    Choix de la structure juridique X X X
    Choix du régime fiscal X X
    Choix du régime social du chef d’entreprise X X X
    Choix des régimes de prévoyance X
    Rédaction de statuts de société X X X
    Accomplissement des formalités d’inscription X X X
    Conseil sur l’adaptation du régime matrimonial X X
    Modification du régime matrimonial X
    Choix dans les modalités de financement X X
    Recherche d’aides X X X
    Recherche de financement X X
    Assurance des financements X X
    Analyse de contrats (baux commerciaux, contrat de franchise…) X X
    Rédaction de contrats (baux commerciaux, contrat de franchise…) X X
    Choix des contrats de travail X X
    Rédaction de contrats de travail X X
    Organisation comptable de l’entreprise X
    Organisation administrative X
    Réalisation des formalités d’embauche X X
    Tenue de la comptabilité de l’entreprise X

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    Les modes de financement

    La principale difficulté des jeunes entreprises réside très souvent dans une insuffisance initiale de financement. Il est donc indispensable pour le créateur de bien évaluer au préalable les besoins de son entreprise, et d’envisager les différents modes de financement possibles.

    1 – Le montant des financements

    Lors de la conception du projet, tous les besoins de l’entreprise, tant en terme d’investissement qu’en terme de fonctionnement, doivent être pris en considération. Un excès de financement sera plus facile à gérer qu’un besoin sous-évalué. Car s’il n’est pas toujours aisé de convaincre un organisme financier de suivre le nouvel entrepreneur dans son projet, il est encore plus difficile de lui faire accepter d’octroyer un complément de financement quelques mois plus tard. Dans la période de crise que nous traversons, le porteur de projet devra être vigilant à bien estimer dès l’origine ses besoins, et à les justifier pour convaincre ses futurs partenaires financiers, très exigeants par les temps qui courent.

    Dans tout projet, il est également important de s’assurer de la disponibilité effective des fonds que l’on prévoit d’apporter. De même, les délais de règlement des fournisseurs doivent être validés avec les futurs partenaires de l’entreprise.

    Les délais cdivts, quant à eux, doivent être estimés avec prudence en tenant compte des différents temps de traitement administratif tels que, par exemple, les délais d’établissement des factures, les délais postaux d’envoi et de retour, le délai de traitement par la banque…

    L’ensemble de ces éléments doit faire l’objet d’une étude approfondie dans la partie trésorerie du dossier prévisionnel.

    Par ailleurs, il faut faire une place particulière aux apports du créateur, le montant des financements dépendant en grande partie de ceux-ci. En effet, un organisme bancaire n’acceptera d’accompagner une nouvelle entreprise que si son créateur s’engage lui-même financièrement dans son projet et apporte effectivement des fonds. Bien que la répartition entre les fonds apportés et ceux prêtés puisse varier selon les cas et les particularités de chaque dossier, un apport personnel d’au moins 30 % des besoins est en général exigé par la banque.

    Enfin, il faut avoir à l’esprit que certains éléments sont plus faciles à faire financer que d’autres. Ainsi, les biens identifiables et revendables (les véhicules par exemple) sont sans peine pris en charge par l’organisme financier. En revanche, les biens très spécifiques trouvent plus difficilement un financement. De même, les biens incorporels (le pas-de-porte, les marques, les droits d’entrée d’une franchise…) ou le besoin en fonds de roulement sont délicats à faire prendre en charge par l’organisme de crédit.

    2 – La durée du financement

    Les chefs d’entreprise sont en général toujours tentés de financer leurs investissements sur une durée trop courte, voire parfois de les autofinancer, c’est-à-dire de les régler avec la trésorerie disponible.

    Pourtant, la durée du financement doit s’adapter aux besoins de l’entreprise. Des biens durables, qui sont destinés à être utilisés pendant une période longue, doivent faire l’objet d’un financement sur une durée longue. En revanche, un besoin de courte durée ne peut faire l’objet que d’un financement à court terme.

    Ainsi, par exemple, les durées de financement suivantes sont généralement retenues :

    – TVA sur investissements : 5 mois

    – Matériel informatique : 3 ans

    – Voiture : 4 ans

    – Matériel et outillage lourds : 4-5 ans

    – Camion : 5 ans

    – Pas-de-porte : 7-8 ans

    – Agencements immobiliers : 8 ans

    – Immobilier : 12-15 ans

    Stratégiquement, il est souvent judicieux de demander à sa banque une durée de financement assez longue et de prévoir une clause de remboursement anticipé sans pénalités ou avec des pénalités réduites. Ainsi, si l’entreprise possède un jour suffisamment de trésorerie, elle pourra décider de rembourser le solde de ses emprunts.

    En outre, actuellement, les taux de financement sont relativement faibles, et le coût de l’emprunt réduit. Ainsi, l’endettement pèse peu sur le compte de résultat de la jeune entreprise.

    3 – Les différents modes de financement

    Il existe deux grands modes de financement :

    – ceux dont l’origine provient des associés de la société, ou de l’entrepreneur lui-même pour une entreprise individuelle. On parle alors de fonds propres (ou de quasi-fonds propres pour certains d’entre eux). Entrent aussi dans cette catégorie les subventions liées à un investissement perçues par l’entreprise ;

    – ceux dont l’origine est externe, qui proviennent principalement des organismes financiers.

    3.1 – Les fonds propres et les quasi-fonds propres

    Ce sont des sources de financement qui regroupent les apports en capital et en comptes courants faits par les associés créateurs, mais aussi les subventions d’investissement.

    Ces capitaux sont présentés, au niveau du bilan de l’entreprise, au passif. Du fait de leur place dans le bilan, en haut du tableau du passif, on parle de financements de haut de bilan.

    Le capital social

    Le capital social n’existe que dans les sociétés. Il correspond à la somme que les associés ont décidé de consacrer de façon définitive à la constitution de leur société. Il s’agit donc de fonds qui sont destinés à rester de manière durable dans l’entreprise, et non à être remboursés à ceux qui les ont apportés. Ceux-ci ne pourront récupérer leur mise initiale qu’au jour de la liquidation de la société, si un boni peut être dégagé, ou par le biais d’une vente des titres, parts sociales ou actions, qu’ils ont reçus en échange de leurs apports, voire plus exceptionnellement par le biais d’une réduction de capital.

    Point important : le capital social peut être souscrit sans être totalement libéré. Par la souscription, l’associé s’engage à verser les fonds. À ce titre, la loi prévoit selon les types de sociétés des délais et des modalités pour éventuellement différer le montant des apports effectivement libérés. En principe, le délai maximal de libération du capital souscrit est de cinq ans.

    La part de capital initial est versée sur un compte bancaire ou chez un notaire au jour de la signature des statuts. Puis, lorsque la société est immatriculée – en principe sous deux à trois semaines – ces fonds sont débloqués et deviennent totalement disponibles pour servir à financer les investissements ou les besoins d’exploitation de la nouvelle structure.

    Dans une entreprise individuelle, il n’y a pas de capital social mais un compte de l’exploitant : les apports de fonds et, par la suite, les retraits faits par l’exploitant apparaissent dans ce compte qui peut, à la différence du capital social, fluctuer dans les deux sens. L’exploitant n’est en effet pas contraint, sur un plan strictement juridique, de laisser ses apports dans son entreprise.

    Les comptes courants d’associés

    Les comptes courants d’associés sont destinés à recevoir les sommes mises à la disposition de la société par ses associés de façon temporaire. Ils sont donc destinés à être retirés à plus ou moins long terme. C’est pourquoi on parle de quasi-fonds propres et qu’ils figurent parmi les dettes au passif du bilan.

    Seuls les associés peuvent être titulaires de comptes courants. En effet, la loi régissant les opérations bancaires interdit à toute personne non associée de prêter des fonds à une société.

    Dans une entreprise individuelle, il n’y a pas de compte courant, le compte de l’exploitant étant destiné à recevoir les fonds apportés temporairement par le chef d’entreprise.

    Il faut savoir que les comptes courants d’associés peuvent faire l’objet d’un engagement de blocage sur un certain temps et pour un certain montant. On parle alors de comptes courants bloqués. Cet engagement est souvent souscrit à la demande des banques qui souhaitent que les associés s’engagent à laisser à la disposition de la société, pour une durée définie, une somme d’argent.

    Dans tous les cas, ces comptes peuvent être rémunérés, même si le taux d’intérêt déductible est plafonné.

    En cas de difficultés de l’entreprise, les titulaires de comptes courants entrent dans la catégorie des créanciers chirographaires, c’est-à-dire des créanciers qui ne bénéficient d’aucune garantie de paiement. D’ailleurs, bien souvent, en pratique, ces fonds sont partiellement ou totalement irrécouvrables lorsque l’entreprise connaît des difficultés majeures.

    Les apports de sociétés de capital-risque

    Ces apports représentent des apports en capital, mais ils sont effectués avec des objectifs différents de ceux des associés.

    Il s’agit d’apports au capital social, et non en compte courant, faits par des sociétés dans le but de revendre à plus ou moins long terme leur participation.

    Les sociétés de capital-risque ont donc pour objectif de réaliser des profits grâce à la valeur prise par l’entreprise au cours de son développement. Il s’agit généralement de filiales spécialisées d’organismes financiers. On trouve également, au niveau des conseils régionaux, des sociétés ayant cet objet. Elles ont alors pour but de favoriser le développement économique local.

    Enfin, certaines sociétés de capital-risque sont créées par des chefs d’entreprise qui regroupent des fonds pour investir dans de nouvelles structures et les aider à se développer : on parle de business angels. Ceux-ci sont plus animés par une volonté d’aider de jeunes entreprises à démarrer que de réaliser une plus-value sur les titres souscrits, bien que celle-ci leur soit indispensable pour miser par la suite sur d’autres entreprises nouvelles. Généralement, un système de parrainage accompagne cet apport de fonds.

    Les investissements des sociétés de capital-risque ne profitent en principe qu’à des projets d’une certaine ampleur, nécessitant des besoins financiers importants, bien souvent dans des secteurs innovants (NTIC, nanotechnologies, par exemple).

    Les subventions d’investissement

    Ce sont des fonds qui sont versés à titre définitif, généralement par des collectivités territoriales, sans obligation de remboursement ; ils aident au financement d’investissements, contrairement aux subventions de fonctionnement qui servent, elles, à financer des charges d’exploitation telles que les aides à l’embauche.

    Les subventions sont inscrites en capitaux propres au passif du bilan.

    Elles ne sont pas destinées à être remboursées, mais sont définitivement acquises à l’entreprise, sauf si celle-ci ne satisfait pas à toutes les conditions qui sont stipulées pour leur octroi. Ainsi, par exemple, il existe parfois des obligations d’embaucher dans certains délais en contrepartie de l’obtention d’aides.

    Sur le plan comptable et fiscal, ces subventions font l’objet d’une intégration au résultat au même rythme que l’amortissement du bien dont elles financent l’acquisition. Ainsi, lorsqu’elles financent l’achat d’un bien amorti sur une durée de cinq ans, chaque année, l’entreprise intégrera en produit 20 % de la subvention reçue dans son compte de résultat.

    3.2 – Les financements externes

    L’emprunt bancaire

    L’emprunt bancaire correspond à une somme mise à la disposition de l’entreprise par un organisme financier, avec obligation de la rembourser selon un échéancier préalablement défini.

    En contrepartie de son financement, l’organisme prêteur perçoit des intérêts rémunérant l’apport de fonds et les risques pris.

    Il est généralement accompagné de la prise de garantie(s) qui limite les risques du prêteur en cas de difficultés de remboursement.

    Les emprunts figurent au passif du bilan de l’entreprise.

    Comment calculer les échéances d’un emprunt ?

    Le tableau suivant permet de calculer les échéances d’un emprunt.

    Convertisseur de capital emprunté en échéances annuelles
    Nbre d’années du prêt 2,50 % 3,00 % 3,50 % 4,00 % 4,50 % 5,00 %
    1 1,025 1,030 1,035 1,040 1,045 1,050
    2 0,519 0,523 0,526 0,530 0,534 0,538
    3 0,350 0,354 0,357 0,360 0,364 0,367
    4 0,266 0,269 0,272 0,275 0,279 0,282
    5 0,215 0,218 0,221 0,225 0,228 0,231
    6 0,182 0,185 0,188 0,191 0,194 0,197
    7 0,157 0,161 0,164 0,167 0,170 0,173
    8 0,139 0,142 0,145 0,149 0,152 0,155
    9 0,125 0,128 0,131 0,134 0,138 0,141
    10 0,114 0,117 0,120 0,123 0,126 0,130
    11 0,105 0,108 0,111 0,114 0,117 0,120
    12 0,097 0,100 0,103 0,107 0,110 0,113
    13 0,091 0,094 0,097 0,100 0,103 0,106
    14 0,086 0,089 0,092 0,095 0,098 0,101
    15 0,081 0,084 0,087 0,090 0,093 0,096

    Exemple : un emprunt de 45 000 € est souscrit pour une durée de 7 ans au taux de 3,5 % assurances comprises. L’échéance annuelle sera de : 45 000 x 0,164 = 7 380 €.

    L’emprunt aidé

    Certains organismes octroient aux jeunes entreprises des prêts favorisant la création. Ces prêts, liés à des conditions relatives à la personne du créateur, sont parfois accordés en accompagnement de financements bancaires. Ils permettent de les compléter et sont souvent pris en compte par les organismes de crédit au titre des apports du créateur. Ainsi, ils sont assimilés aux fonds propres et font partie des 30 % d’apports régulièrement exigés pour obtenir des fonds externes.

    Ces prêts peuvent être octroyés par les collectivités territoriales (région, municipalité…), France Travail (anciennement Pôle emploi) ou des associations souhaitant favoriser la création d’entreprises et le développement économique.

    Le crédit-bail

    Le crédit-bail, appelé également location avec option d’achat (LOA), est sensiblement différent de l’emprunt, bien qu’il serve en principe à financer le même type de biens. En effet, lorsqu’elle finance un investissement par le biais d’un emprunt, l’entreprise en est propriétaire dès le premier jour. En contrepartie, elle devient débitrice de la banque. Dans le cadre d’un crédit-bail, pendant toute la durée du contrat, l’entreprise n’est pas propriétaire du bien. Il s’agit d’une simple location assortie d’une promesse de vente à l’issue de la période de location. L’organisme financier possède donc le bien, le loue à l’entreprise et s’engage à le lui vendre après une certaine période selon des conditions prédéfinies. En général, la valeur résiduelle, correspondant au prix d’achat final, représente une somme dérisoire.

    Inconvénient pour le preneur du crédit-bail : il n’est pas propriétaire de son matériel. En revanche, cette technique offre certains avantages par rapport à un financement classique :

    – elle procure une meilleure garantie à la banque, car celle-ci n’est pas totalement dessaisie du bien. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, au sein des organismes financiers, un financement par crédit-bail n’est pas pris en compte à la même hauteur qu’un emprunt dans les ratios d’analyse de risques. Le crédit-bail permet ainsi d’accroître les capacités de financement de l’entreprise ;

    – elle ne pénalise pas le bilan de l’entreprise puisqu’elle ne figure pas dans les dettes. Elle a donc l’avantage de rendre le niveau d’endettement moins apparent ;

    – les échéances de loyers passent intégralement en charges alors que dans le cadre de l’emprunt, seulement les intérêts. Toutefois, avec l’emprunt, le bien financé, propriété de l’entreprise, est amorti. Et cet amortissement vient en diminution du résultat de l’entreprise.

    Aujourd’hui, les coûts du crédit-bail et de l’emprunt sont souvent identiques ou très proches.

    La location financière

    Il s’agit d’un contrat de location pure, c’est-à-dire sans option d’achat. S’il en existe une, on se situe dans le cadre d’un contrat de crédit-bail. La location financière est également appelée location longue durée.

    Par ce type de contrat, un fournisseur, parfois par le biais d’un organisme de crédit, met à la disposition de l’entreprise un bien, tout en conservant la propriété et sans prendre d’engagement de le vendre à l’issue du contrat.

    Cette location peut être assortie de services tels que l’entretien et l’assurance du matériel loué, situation fréquente pour les véhicules par exemple.

    Le découvert autorisé

    Il est également appelé facilité de caisse.

    Par un découvert, la banque autorise l’entreprise à prélever, pendant une durée déterminée et dans une certaine limite, un montant qu’elle met à sa disposition. Le solde du compte bancaire est donc négatif pendant toute la durée d’utilisation des fonds par l’entreprise.

    Ce type de financement, qui n’est pas adossé à un bien et est donc difficile à garantir, est rarement mis en oeuvre dans le cadre d’une création d’entreprise. Il est toutefois utilisé pour faire face au financement de la taxe sur la valeur ajoutée grevant les investissements. En effet, la banque octroie alors une facilité de caisse dans l’attente du remboursement du crédit de TVA par le Trésor public.

    Le crédit fournisseurs

    Le crédit fournisseurs constitue une facilité de trésorerie. En effet, il consiste en l’octroi par les fournisseurs de délais de règlement.

    Mais dans le cadre d’une création, les partenaires ne connaissent pas la nouvelle entreprise. Ils n’acceptent donc pas toujours de lui accorder des délais de règlement. Au contraire, ils exigent parfois un paiement comptant, tant qu’ils n’ont pas testé la fiabilité des nouveaux dirigeants. Lors de la préparation de son projet, le créateur doit donc prévoir de négocier l’obtention de délais de règlement auprès de ses futurs partenaires.

    D’autant que, comme nous l’avons déjà observé dans l’étude du besoin en fonds de roulement, l’entreprise devra souvent octroyer des délais de règlement à ses cdivts.

    4 – Le choix des garanties

    Pour obtenir des financements, une entreprise doit généralement fournir des garanties aux prêteurs. Ainsi ceux-ci limitent-ils leurs risques en se préconstituant un recours au cas où l’entreprise connaîtrait une défaillance dans le remboursement de sa dette. Ce recours peut être orienté vers une personne, on parle alors de garantie ou sûreté personnelle, ou attaché à un bien, il s’agit alors de garantie ou sûreté réelle.

    Du fait du fort taux de défaillance des jeunes entreprises, les financements dans le cadre d’une création sont toujours accompagnés de prise de garanties. Faute de mesurer la fiabilité de la future entreprise, les organismes prêteurs exigent même généralement, en complément de garanties réelles, une sûreté personnelle.

    Les créanciers munis de garanties sont appelés des créanciers privilégiés. Leurs droits leur donnent en effet une priorité de paiement par rapport aux autres créanciers, dits chirographaires.

    Le statut de l’entrepreneur individuel
    Depuis 2022, l’ensemble du patrimoine personnel de l’entrepreneur, autre que celui dédié à l’activité professionnelle, est insaisissable par ses créanciers professionnels. Cette réelle source de protection du chef d’entreprise peut toutefois être limitée à sa demande pour rassurer ses partenaires. Il offre alors volontairement une garantie sur son patrimoine privé.

    4.1 – Les garanties personnelles

    La caution du dirigeant

    La caution est un acte juridique par lequel une personne s’engage à rembourser à un créancier une dette souscrite par une tierce personne si celle-ci s’avère défaillante.

    Il peut y avoir engagement de caution par plusieurs personnes au profit d’un unique créancier à l’égard d’une seule dette. Dans ce cadre, l’engagement peut être solidaire. Cela signifie que chaque personne caution est susceptible d’être appelée au règlement de la totalité de la dette. A elle ensuite de se retourner contre les autres pour partager le coût effectif de l’engagement.

    Se porter caution, ou demander à un proche de le faire, est donc un acte grave, qui nécessite d’en mesurer toutes les conséquences, celles-ci pouvant produire leurs effets longtemps après la signature de l’engagement. En principe, une caution a une durée de vie équivalant à celle de la durée du financement auquel elle se rapporte.

    Et rares sont les jeunes entreprises dont aucun engagement de caution n’est exigé des dirigeants. Plus encore, lorsque la création prend la forme d’une société, elle le sera systématiquement pour contrer les effets de la responsabilité limitée des associés. Cet engagement de caution peut être demandé au dirigeant lui-même lors de la création de la société, mais aussi, quelle que soit la structure juridique, à son conjoint. Celui-ci s’engage donc à ses côtés au règlement des éventuelles dettes et met en jeu l’ensemble de ses biens, y compris ceux qui lui sont propres. Dans ce cas, les clauses du contrat de mariage ne produisent plus aucun effet protecteur à son égard.

    Compte tenu de ses effets radicaux, la caution est soumise à un formalisme strict : elle doit, entre autres, être écrite et, chaque année, l’organisme bénéficiaire doit rappeler par écrit son existence à celui qui s’est porté caution.

    Les fonds de garantie et les sociétés de cautionnement

    Les fonds de garantie et les sociétés de cautionnement sont des organismes qui se portent caution pour l’entreprise. Ils acceptent donc de supporter le risque d’avoir à régler une partie de la dette en cas de défaillance de celle-ci.

    Ces organismes fournissent leur garantie en échange d’une rémunération voisine de 0,4 à 0,5 % du montant du financement garanti.

    Les fonds de garantie et les sociétés de cautionnement sont souvent des filiales d’organismes bancaires, mais ils peuvent être aussi l’émanation de collectivités territoriales qui souhaitent promouvoir la création d’entreprise.

    Le recours à ce type de garantie, même s’il représente un coût, permet de limiter les risques pour le créateur et encourage les banques à financer le projet.

    4.2 – Les garanties réelles

    Il s’agit d’actes juridiques qui permettent à un prêteur de garantir sa créance en se constituant un droit sur un bien préalablement identifié. Si le débiteur ne respecte pas ses engagements, le créancier pourra alors faire saisir le bien et procéder à sa vente pour être payé.

    Dans le cadre d’une création d’entreprise, on trouve principalement trois catégories de sûretés réelles :

    Le nantissement de matériel

    Le nantissement de matériel, appelé également gage, est très fréquemment utilisé dans le cadre d’une création d’entreprise lorsque des investissements en outils de production sont nécessaires. Si ceux-ci sont facilement identifiables et revendables, leur nantissement offre une garantie assez facile à mettre en oeuvre pour le prêteur de fonds. Il en est ainsi des véhicules par exemple.

    Ces nantissements sur matériel font l’objet d’une inscription au greffe du tribunal de commerce et sont ainsi connus de tous ceux qui en font la demande.

    Le nantissement de fonds de commerce

    Dans le cadre d’une création, cette garantie est souvent exigée pour le principe. Elle a cependant peu de valeur, puisque l’entreprise n’ayant encore aucune existence, le fonds ne représente rien.

    Toutefois, si ce fonds acquiert une certaine valeur, le créancier pourrait être amené à le faire vendre pour obtenir le règlement de sa créance.

    Le nantissement sur fonds de commerce fait également l’objet d’une publicité auprès des greffes des tribunaux de commerce.

    L’hypothèque

    Il s’agit d’une catégorie de sûreté particulière, qui se rapporte à un immeuble. En principe, elle est exigée dans le cadre de la mise en place d’un financement immobilier. Elle peut toutefois être utilisée pour d’autres types de financement : dans le cadre d’une entreprise individuelle, un bien du patrimoine privé peut ainsi être utilisé pour garantir une dette professionnelle.

    Dans le cadre d’une société, un bien appartenant à un tiers, en principe au dirigeant, peut servir de garantie à sa caution : on parle alors de caution hypothécaire.

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