L’analyse du secteur d’activité

Très souvent négligée par le porteur de projet, l’étude de marché constitue pourtant un préalable indispensable à toute création d’entreprise. Elle permet en effet de cerner avec précision l’organisation du secteur économique dans laquelle l’entreprise va s’insérer et la place qu’elle envisage de prendre au sein de ce secteur.

1 – Les contraintes réglementaires

1.1 – Les exigences de qualification ou d’autorisation administrative

Pour être exercées, certaines activités nécessitent des qualifications particulières ou des autorisations administratives préalables. Parfois, certaines garanties financières sont également exigées.

Parmi les professions soumises à ce type de contraintes figurent notamment :

– Certaines soumises à exigence de diplôme ou de capacité : coiffeur, boulanger, boucher, opticien, pharmacien, transporteur, déménageur.

– Certaines soumises à exigence de diplôme et de garantie financière : agents immobiliers.

– Certaines soumises à autorisation administrative : pressing, débitant de tabac, débitant de boissons.

Dans tous les cas, le créateur doit donc s’assurer dès le départ qu’il n’est pas soumis à ce type de réglementation contraignante.

1.2 – Réglementations spécifiques : les normes relatives au local et les normes d’hygiène

Il existe parfois, selon la nature de l’activité et/ou le lieu d’implantation, des contraintes liées au local ou aux normes d’hygiène. Ainsi, par exemple, dans le domaine alimentaire, que ce soit en négoce de produits alimentaires ou en matière de restauration, les installations sont soumises à une réglementation très stricte relative à l’hygiène. Des contrôles préalables à l’ouverture, puis ensuite diligentés régulièrement, tout au long de la vie de l’entreprise, sont le fait des services administratifs. De même, un local, dès lors qu’il accueille du public, doit être mis en conformité avec les règles de sécurité ou d’accès aux personnes à mobilité réduite prévues par la loi, qui diffèrent selon la nature de l’activité, la surface du local et son lieu d’implantation. Et si le local est destiné à entreposer certaines matières dangereuses, chimiques, ou des denrées alimentaires, il est généralement soumis également à une réglementation particulière qui peut aller d’un simple contrôle préalable à une autorisation d’ouverture. En principe, ce sont les services d’hygiène départementaux et les services d’incendie qui sont compétents pour contrôler l’application de cette réglementation et renseigner le créateur sur les obligations qui lui incombent.

2 – L’étude de marché

Très souvent négligée par le porteur de projet, l’étude de marché constitue pourtant un préalable indispensable à toute création d’entreprise. Et si les créateurs bâclent souvent cette étape, c’est qu’ils n’en maîtrisent pas forcément le contenu. Parfois, ils la réalisent même sommairement sans le savoir. Le créateur doit donc bien connaître les objectifs de ce document, son contenu et les modalités pratiques permettant sa réalisation.

2.1 – Les objectifs de l’étude de marché

L’étude de marché a pour objectif de cerner avec précision l’organisation du secteur économique dans lequel la nouvelle entreprise va s’insérer et la place qu’elle envisage de prendre au sein de ce secteur. Celle-ci dépend du produit, des cdivts et des concurrents.

Dès lors qu’il a mené cette étude de façon approfondie, le créateur doit disposer de suffisamment d’éléments sur l’ensemble de ce mix (produit/cdivts/concurrents) pour fixer les objectifs de la nouvelle entité, mesurer la part de marché qu’il souhaite conquérir et définir les moyens à mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs.

Cette étude de marché ne doit pas forcément être très complexe, mais doit principalement faire preuve de bon sens et répondre à des questions simples : quels types de produits ou de services seront vendus ? Qu’existe-t-il déjà sur le marché ? Quels sont les cdivts potentiels ? Quelle est la part de marché à conquérir ? Quel chiffre d’affaires pourra être réalisé ?

Les chiffres alignés, tant en quantité qu’en valeur, permettent de mieux concrétiser les perspectives et de s’immerger complètement dans le projet.

Cette analyse constitue un outil précieux pour convaincre les futurs partenaires de l’entreprise, les organismes financiers notamment, mais aussi, si le projet se situe dans le domaine de la production ou du négoce, les fournisseurs de matières premières et de marchandises. Il est donc important de mettre en valeur les travaux et démarches effectués pour l’établir.

2.2 – La méthodologie

La définition des produits et des services à proposer à la future cdivtèle

Ce travail s’effectue en plusieurs étapes. Il faut tour à tour :– lister dans le détail les types de produits ou services que l’on pourrait développer ;– rechercher les produits similaires ou proches qui existent sur le marché, en consultant les catalogues des concurrents (papier ou Internet), et en allant dans des salons spécialisés notamment ;– recenser les besoins réels de la cdivtèle potentielle, aussi bien ceux auxquels une réponse est aujourd’hui apportée par le marché que ceux qui ne sont actuellement pas satisfaits ;– définir une politique tarifaire précise en veillant à ce qu’elle soit cohérente avec les conditions d’exploitation et le besoin de rentabilité du projet, mais aussi avec les conditions économiques du marché.

La réalisation de ces étapes permet d’affiner la description du produit ou du service qui sera proposé par la jeune entreprise.

La découverte de la cdivtèle cible et de la part de marché visée

Là aussi, plusieurs étapes sont nécessaires. Il faut :

– D’abord définir précisément quelle cible de cdivtèle l’on souhaite atteindre, et si possible affiner cette analyse par strates de population. Exemples :

Si l’on veut créer un centre de chorégraphie, on pourra cibler les femmes de 20/40 ans, demeurant sur telle zone géographique, se situant dans telle tranche de revenus et pratiquant régulièrement du sport…

Si l’on souhaite développer une activité de mécanique générale spécialisée en matériel de bâtiment et travaux publics, on recherchera les entreprises de moins de 10 salariés, donc dépourvues de service mécanique interne, situées dans un rayon de 30 kilomètres et exerçant dans le domaine du bâtiment…

Plus la définition de la population cible sera précise, plus l’analyse et l’étude de marché seront pertinentes.

– Rechercher les attentes des cdivts potentiels, autrement dit définir quels sont les besoins exprimés auxquels le marché ne répond pas aujourd’hui ou ne répond que partiellement. Pour effectuer cette recherche, une approche directe semble préférable, soit par interview, soit par envoi de mailing. Toutefois, il convient toujours d’être vigilant pour interpréter les réponses.

– Recenser précisément les cdivts potentiels précédemment définis, dans la zone géographique au sein de laquelle l’entreprise doit évoluer. Pour ce faire, il existe de nombreux recensements ou statistiques disponibles auprès d’organismes tels que les chambres consulaires (chambres de commerce et d’industrie départementales ou régionales, chambres de métiers) ou l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

– Définir le taux de pénétration que l’on espère atteindre au sein de la cdivtèle concernée.

Appréhender les acteurs présents sur le marché

Les acteurs présents sur le marché sont les futurs concurrents mais aussi les entreprises évoluant dans des domaines voisins ou complémentaires à ceux que l’on souhaite aborder.

Plusieurs méthodes sont envisageables pour découvrir ces acteurs :– consulter les annuaires généraux ou spécialisés pour recenser les entreprises présentes ;– se rendre dans les organismes consulaires qui tiennent des fichiers détaillés des entreprises inscrites dans leur ressort de compétences ;– consulter les statistiques établies par l’Insee ;– connaître l’offre produit, la politique commerciale et tarifaire appliquée par ces entreprises, en consultant leurs catalogues, leurs sites Internet, et éventuellement en envoyant, pour les visiter, des personnes de son entourage ;– se procurer les comptes des principaux acteurs, la législation obligeant la plupart des sociétés commerciales à déposer chaque année ses comptes aux greffes du tribunal de commerce dont elle dépend. Ces documents sont communiqués à toute personne qui en fait la demande et ce de façon totalement anonyme. Ainsi, pour une somme très modique, le créateur a accès aux chiffres de ses futurs concurrents.

Les différentes étapes permettant l’établissement d’une étude de marché peuvent être synthétisées au sein du schéma suivant :

2.3 – L’auteur de l’étude de marché

Dès lors que le projet envisagé se situe dans un secteur d’activité que le créateur connaît particulièrement bien, de par son expérience professionnelle notamment, celui-ci peut réaliser lui-même l’étude de marché.

Il peut toutefois également s’appuyer sur des professionnels, notamment si l’importance de son projet le nécessite.

Car des cabinets spécialisés en études de marché existent. Certains évoluent dans des domaines d’activités précis, la distribution alimentaire par exemple, d’autres sont plus généralistes. À la demande du créateur, ils peuvent établir des études qui sont parfois très approfondies, mais qui représentent alors aussi un coût.

De manière plus allégée, certaines chambres consulaires aident les créateurs à bâtir leur étude de marché. De même, des associations d’étudiants, notamment au sein des écoles supérieures de commerce, offrent parfois leurs services pour élaborer ce type d’étude, et ce pour des sommes modiques.

Enfin, dans le cas où l’entreprise serait créée dans le cadre de l’adhésion à un contrat de franchise, cette étude est fréquemment réalisée par le franchiseur lui-même qui, point positif, connaît parfaitement les produits et les acteurs de son marché. Toutefois, la prudence est de mise face à de telles études, car elles font parfois preuve de beaucoup d’optimisme, et les réalisations ne sont pas toujours à la hauteur des promesses. Même si le franchiseur engage sa responsabilité par l’établissement de cette étude, il ne sera pas aux commandes de l’entreprise lorsqu’une sous-activité apparaîtra, générant d’inévitables difficultés !

2.4 – La forme de l’étude de marché

L’étude de marché est un document écrit dont la présentation doit être particulièrement soignée car, d’une part, elle servira par la suite d’indicateur au chef d’entreprise et, d’autre part, elle doit l’aider à convaincre ses partenaires de le suivre dans son projet.

Cette étude doit être composée de deux parties :– Une partie purement descriptive concerne l’ensemble des produits et acteurs du marché, éventuellement agrémentée de documents qui en permettent une bonne compréhension. Ainsi, par exemple, peuvent être jointes des photos ou des notices descriptives des produits, des cartes géographiques situant les zones de cdivtèle ou les lieux d’implantation des principaux concurrents.– Une partie chiffrée décrivant notamment les quantités, les tarifs unitaires et les valeurs du marché des principaux concurrents et ceux qu’espère réaliser le créateur au cours des trois premières années d’activité. Ces tableaux chiffrés doivent être présentés de façon suffisamment synthétique pour assurer une bonne lisibilité.

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De l’idée au projet

À la base de toute création d’entreprise, il y a une idée, clé de voûte de la réussite du projet. Cette idée peut être celle du créateur lui-même, ou un concept mis au point par d’autres personnes, qu’il va développer grâce à des accords juridiques, comme le contrat de franchise. La concrétisation de cette idée par la création d’une entreprise est ensuite étroitement liée à la motivation du créateur, qui doit être prêt à s’investir pleinement. Son parcours sera en effet semé d’embûches très diverses qu’il lui faudra surmonter. Il importe donc que le choix de l’activité et ses modalités d’exploitation soient totalement en adéquation avec le projet personnel du futur chef d’entreprise.

1 – Définition et analyse critique de l’idée

L’idée peut avoir de nombreuses origines : elle peut être née de l’expérience professionnelle du créateur, d’un savoir-faire, d’une formation initiale lui ayant permis d’acquérir les compétences indispensables, ou encore de simples circonstances lui ayant offert l’opportunité de se lancer. Dans tous les cas, le créateur doit faire preuve d’esprit critique et rechercher en toute objectivité les forces et surtout les faiblesses de son projet. À tout moment, il lui faut rester vigilant pour ne pas se laisser emporter par son idée et ne pas se voiler la face et occulter les écueils qui risquent de jalonner le parcours du créateur. Pour cela, échanger avec des hommes et des femmes d’expérience, être à l’écoute de leurs critiques et de leurs conseils est indispensable. Ces « sachants » peuvent être, par exemple, des personnes qui ont déjà franchi le pas de la création, des hommes de l’art tels que des professionnels du conseil, mais aussi des membres de réseaux d’entrepreneurs qui aident les jeunes créateurs à bâtir leur projet.

Puis, une fois l’idée définitivement retenue, l’idéal est de la coucher dans le détail sur le papier, d’élaborer une véritable feuille de route pour lister toutes les étapes à franchir, et bien mettre en évidence ses objectifs. Il y a quelques siècles, Sénèque ne disait-il pas déjà : « Il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne connaît son port. »

2 – Le profil personnel du porteur de projet

2.1 – L’environnement favorable

Se lancer dans la création d’une entreprise est une lourde et grave décision impliquant un investissement personnel très important du créateur, qui monopolisera son temps et son énergie pendant une longue période. Celui-ci doit donc disposer d’une grande disponibilité et être conscient que sa nouvelle activité l’obligera à mettre de côté, pour un certain temps du moins, ses activités extraprofessionnelles. Seule une profonde motivation, qui ne doit pas s’estomper au fur et à mesure de l’apparition des difficultés, permet d’assurer la réussite. Pour autant, cela ne suffit pas ; la charge importante qu’implique la création d’une entreprise doit être en adéquation avec le projet personnel du créateur et également avec celui de son proche entourage. Il est donc nécessaire que le conjoint et les autres membres de la famille adhèrent au projet, en acceptent les contraintes et en mesurent à l’avance les charges. Tout autant que le créateur lui-même, son entourage doit en effet être informé des efforts à entreprendre et des risques encourus, sur le plan financier notamment.

Par ailleurs, afin de pouvoir se concentrer au mieux sur le cœur de métier de sa nouvelle activité, qui à lui seul nécessitera un lourd investissement et l’accaparera, le nouveau dirigeant doit s’entourer de professionnels qui l’assisteront dans des domaines qui ne sont pas les siens et pour lesquels ils pourront lui apporter de précieux conseils.

2.2 – L’aptitude à gérer et à diriger une entreprise

La réussite de la création d’une entreprise, bien qu’elle soit très souvent liée à des compétences techniques propres à l’activité développée, impose également au créateur de maîtriser des qualités humaines indispensables. Même s’il n’y a pas de profil type « créateur d’entreprise », comme le prouve la grande diversité des personnalités du monde des entrepreneurs, il apparaît que certains traits de caractère prédominent chez ceux qui ont réussi.

Avant d’entrer dans l’aventure de la création, le porteur du projet doit donc s’assurer qu’il les possède ou au moins qu’il saura les acquérir et les développer.

En premier lieu, un chef d’entreprise doit être doté d’un esprit volontaire et faire preuve de dynamisme. Le monde des affaires est dur, et il faut savoir éviter les écueils, surmonter les difficultés et bien souvent jouer des coudes. Une bonne dose d’optimisme est parfois souvent indispensable pour réussir. Même s’il ne s’agit pas d’être béat et s’il faut rester parfaitement raisonné. Il faudra aussi souvent faire preuve d’innovation, ne pas craindre de sortir des sentiers battus, oser prendre des risques et faire preuve de courage.

Par ailleurs, le créateur doit posséder les qualités nécessaires pour travailler en équipe : savoir s’entourer, faire confiance et déléguer sont les maîtres mots. Une équipe demande à être dirigée pour donner un sens à son action, mais elle doit aussi être écoutée et motivée. Il est essentiel de prendre le temps de le faire, même lorsque l’on est déjà très occupé par le développement de son affaire. Ces échanges avec les femmes et les hommes qui travaillent dans l’entreprise sont source de dynamisme et contribuent à la réussite de l’entreprise par leur efficacité ; même si le doute vient parfois s’installer dans l’esprit du jeune entrepreneur, il doit veiller à ne pas l’exprimer. La rage de vaincre doit toujours l’emporter sur le doute, même si celui-ci est parfois très présent !

Ce besoin de dialogue et d’écoute est essentiel pour le personnel embauché, mais aussi pour les associés qui participent à la naissance de l’entreprise. Il faut veiller à maintenir un dialogue régulier pour s’assurer que l’esprit associatif qui anime chacun est toujours là et que les associés sont tous toujours en phase les uns par rapport aux autres. Ces échanges permettent également de mettre à jour les éventuelles difficultés et ainsi de les déceler dès leur apparition.

Le créateur doit également savoir se remettre en question ; en permanence, son esprit critique doit rester en éveil à l’égard des choix qu’il fait et des résultats qu’il obtient. Pour cela, dès le lancement de son entreprise, il devra mettre en place des outils de mesure de performances. Ces indicateurs lui permettront de comparer ses réalisations à ses objectifs, de mesurer les écarts et de les analyser. Car plus vite une difficulté est mise en évidence, plus tôt les remèdes pourront être mis en œuvre.

Il devra également accepter les critiques, rester à l’écoute des autres pour entendre leurs observations et leurs réserves. Cela est particulièrement vrai au cours de la phase qui précède la création, lors de la réflexion sur l’idée et les moyens de la développer. À ce titre, il est important qu’il s’entoure de professionnels compétents dans les différents domaines de l’entreprise. Le recours à leurs services et leurs conseils représente certainement un coût mais, bien souvent, constitue non seulement un atout non négligeable pour la pérennité de la jeune entreprise, mais aussi un gain de temps précieux. Les statistiques le prouvent, les nouveaux chefs d’entreprise qui se font accompagner dès le départ par des professionnels – experts-comptables, avocats ou notaires par exemple – multipdivt leurs chances de réussite.

Enfin, s’il veut pérenniser son entreprise, gagner la confiance de tous ses partenaires sur le long terme, que ceux-ci soient cdivts, fournisseurs mais aussi organismes financiers, conseils, administrations ou concurrents, dès ses débuts, le jeune créateur doit développer un esprit responsable, respectueux des autres. En effet, une certaine éthique professionnelle et personnelle est indispensable à tout projet d’entreprise. Et il est essentiel d’arriver à créer un véritable « esprit d’entreprise ».

Les qualités et traits de caractère requis d’un créateur :

– Avoir identifié clairement son but– Avoir envie de s’investir– Être ambitieux– Être profondément motivé– Être volontaire– Être dynamique– Être optimiste– Posséder un esprit d’écoute– Savoir déléguer– Posséder un esprit critique– Savoir se remettre en cause– Être disponible– Avoir un projet en adéquation avec son projet personnel– Avoir un projet en adéquation avec le projet de son entourage– Savoir s’entourer– Posséder un esprit de créativité– Posséder une capacité d’adaptation– Avoir un esprit d’indépendance– Posséder une éthique personnelle et professionnelle

2.3 – La richesse de l’expérience métier

La création ex nihilo d’une nouvelle activité est une expérience difficile ; autant mettre donc toutes les chances de son côté en se lançant dans un domaine d’activité que l’on connaît parfaitement. Ainsi les écueils techniques seront limités. Ne resteront alors plus que ceux du domaine propre à la gestion même de l’entreprise… et ils sont déjà suffisamment nombreux !

Car on réussit mieux dans un monde que l’on maîtrise bien ; c’est pourquoi le créateur doit essayer de tirer profit au maximum de son expérience passée. Il peut même, parfois bien en amont, s’il a la possibilité de préparer son projet très longtemps à l’avance, orienter son parcours professionnel pour acquérir la technicité qui lui manque.

Mais l’expérience professionnelle acquise est parfois insuffisante pour franchir le pas de la création. Dans ce cas, le créateur ne doit pas hésiter à la compléter par une formation, même si celle-ci diffère de quelque temps le lancement de son projet. Il en va de l’avenir de sa future entreprise. Ce complément de formation peut être orienté vers le domaine technique propre au secteur d’activité qu’il souhaite développer, mais aussi vers le domaine de la gestion. Car même s’il n’est pas indispensable de maîtriser parfaitement tous les rouages de la comptabilité, de la finance ou de la fiscalité pour s’embarquer dans la création d’une entreprise, il convient d’en assimiler les notions essentielles. En ce sens, un stage peut être salutaire.

Pendant longtemps, la loi a rendu cette formation obligatoire pour les jeunes artisans soumis, préalablement à leur installation, à un stage de quelques jours organisé par les chambres de métiers. Ce stage devenu facultatif, les artisans peuvent désormais débuter leur activité sans réaliser cette formation ; dans la plupart des cas, il est toutefois vivement conseillé de s’y inscrire pour mettre toutes les chances de son côté.

3 – Les différents types de création

La plupart des créateurs partent d’une situation vierge : on parle alors de création ex nihilo. Dans d’autres cas, le créateur utilise une situation existante pour créer sa propre entreprise ; c’est le cas notamment lorsqu’il recourt à la location-gérance ou au contrat de franchise.

3.1 – La création ex nihilo

La création ex nihilo consiste à bâtir de toutes pièces une nouvelle entreprise.

Le créateur doit alors imaginer son propre concept et mettre tous les moyens en œuvre pour le développer en franchissant l’ensemble des étapes qui vont être décrites dans le présent guide.

S’agissant d’une nouvelle idée, d’un nouveau concept ou du développement d’un nouveau produit, si ceux-ci sortent des sentiers battus, s’ils ont des spécificités, s’ils sont innovants, et si ces qualités permettent de disposer d’atouts par rapport aux futurs concurrents, il est important d’en assurer la protection juridique.

Ainsi, préalablement à la création de la nouvelle entité, le porteur de projet doit procéder au dépôt des marques, brevets et dessins, afin de protéger ces éléments patrimoniaux qui constitueront certainement la principale richesse de son entreprise.

Les dépôts sont des opérations plus ou moins complexes selon la nature du bien à protéger et selon l’étendue géographique que l’on souhaite conférer à la protection. Le créateur peut réaliser ces démarches directement auprès de l’Institut national de la propriété industrielle (Inpi), mais il paraît souvent préférable de confier cette mission à des cabinets spécialisés qui lui prodigueront par ailleurs les conseils indispensables. Dans ce cadre, préalablement au dépôt d’une nouvelle marque, le créateur ou ses conseils devront effectuer une recherche d’antériorité afin de vérifier si elle n’est pas déjà la propriété d’une autre entreprise.

3.2 – La prise en location-gérance

Le contrat de location-gérance, appelé également gérance libre, est une opération juridique qui consiste pour le propriétaire d’un fonds commercial ou artisanal à le donner en location à une autre personne.

Nous sommes donc ici à la frontière de la création et de la transmission d’entreprise. En effet, même s’il n’y a pas transfert de propriété mais simple mise en location, le locataire poursuit l’exploitation jusque-là exercée par une autre personne, le propriétaire du fonds.

La location-gérance offre l’avantage pour un jeune entrepreneur de se mettre à son compte avec un apport financier relativement réduit puisqu’il n’a pas d’investissement à réaliser. Le financement du besoin en fonds de roulement reste toutefois à sa charge. Par ailleurs, dans cette situation juridique, l’exploitant supporte tous les risques inhérents à l’exploitation d’une entreprise, bien que pour certains d’entre eux le propriétaire soit solidairement responsable à ses côtés.

La notion de fonds de commerce
Le fonds de commerce est une entité constituée d’éléments incorporels et d’éléments corporels.
Les éléments incorporels sont généralement constitués par :
– La cdivtèle : élément essentiel sans lequel le fonds de commerce n’existerait pas.– Le droit au bail : titulaire d’un bail, le commerçant détient un droit au renouvellement qui permet le maintien dans les lieux et évite toute éviction arbitraire.– Le nom commercial et l’enseigne.
Les éléments corporels comprennent :
– Les agencements et installations.– Le matériel, le mobilier et l’outillage.L’immeuble, les créances et les dettes ne font pas partie du fonds de commerce. De même, le stock, bien que souvent transmis concomitamment, est un élément à part.

Le contrat de location-gérance est souvent utilisé à titre provisoire comme solution intermédiaire, dans l’attente d’une cession qui interviendra au profit du locataire en place. Cette formule lui permet non seulement de se familiariser avec l’activité, mais aussi de s’assurer des revenus qui accroîtront sa capacité financière et favoriseront ainsi l’acquisition.

La location-gérance est strictement réglementée. Elle est régie par les articles 144-1 et suivants du Code de commerce, qui imposent des conditions strictes pour la mettre en œuvre :

  • Le fonds, avant d’être mis en location-gérance, doit avoir été exploité directement par son propriétaire, sans condition de durée toutefois.

  • Le locataire gérant doit être immatriculé au registre du commerce et il doit poursuivre l’exploitation du fonds sans en changer l’activité.

    Ce locataire peut être soit une personne physique qui exerce alors en entreprise individuelle, soit une société.

    Les tiers doivent être informés de cette nouvelle situation juridique par une publication dans un journal d’annonces légales. De plus, une mention de l’existence du contrat doit être portée sur les documents commerciaux de l’entreprise.

    Dans le cadre de ce contrat, le montant des redevances à la charge du locataire est déterminé librement par les parties, par référence à la valeur du fonds.

    Le contrat est en principe conclu pour une durée déterminée, renouvelable par tacite reconduction. Mais la loi ne prévoit aucune garantie de reconduction pour le locataire. Ce dernier risque donc de perdre l’exploitation à chaque échéance du contrat.

    Au moment de l’entrée en location-gérance, le locataire reprend tous les contrats de travail attachés au fonds. A l’expiration de la location, ceux-ci reviennent au propriétaire du fonds qui reprend l’exploitation de l’activité.

    Pour le locataire, la location-gérance présente un inconvénient majeur : en développant l’activité, il valorise un fonds qu’il exploite mais qui ne lui appartient pas. Peut-être même devra-t-il acheter la valeur apportée par son propre travail si un jour il acquiert ce fonds.

    Point important, lors de la conclusion du contrat, il convient d’être vigilant sur le fait de savoir qui a la charge de renouveler les investissements. La loi ne réglementant pas cette question, elle doit être clairement tranchée par les clauses du contrat.

    3.3 – Le contrat de franchise

    Démarrer son entreprise dans le cadre d’un contrat de franchise consiste à nouer un partenariat étroit avec une entreprise, le franchiseur, qui a créé un concept et qui le commercialise.

    Ce concept comprend en général :– une marque ;– un savoir-faire ;– une gamme de produits ;– une assistance commerciale et technique ;– une formation ;– une identification visuelle.

    Des contrats de franchise existent dans de très nombreux secteurs d’activités, tant dans la vente que dans les services.

    La franchise offre l’avantage pour le créateur de bénéficier dès le départ d’un concept global, élaboré par de véritables professionnels, et testé par d’autres franchisés. Elle permet également de bénéficier de la notoriété et de la puissance commerciale d’un groupe, ce qui favorise la visibilité de l’entreprise.

    En principe, en dehors du contrat de franchise, il n’y a aucun div juridique entre le franchisé et le franchiseur. Ce dernier n’est donc pas propriétaire, même partiellement, de l’entreprise. Il n’est qu’un fournisseur qui tient une place particulière.

    En pratique, lors de la signature d’un contrat de franchise, le créateur doit être particulièrement vigilant sur la qualité de son partenaire. Le concept développé est-il de qualité, élaboré dans le moindre détail, et offre-t-il un réel apport assurant le succès annoncé ?

    Pour répondre à ces questions, il est indispensable pour le candidat à la franchise d’aller à la rencontre de franchisés déjà installés, et si possible de ne pas se limiter à ceux dont les coordonnées ont été fournies par le franchiseur. Un regard critique sur l’apport réel du franchiseur et la qualité des relations après la signature du contrat doit ressortir de cette enquête. Demander les comptes sociaux des franchisés aux greffes du tribunal de commerce, s’ils sont installés sous forme de société, permet de se faire une opinion sérieuse sur leur santé financière.

    Une fois validée la qualité de la franchise, une analyse du contrat, de préférence par un professionnel qui n’est pas lié au franchiseur, s’impose.

    Car le contrat comporte de nombreuses obligations : certaines sont à la charge du franchiseur, d’autres à la charge du franchisé. Ce dernier s’engage notamment à respecter un cahier des charges en principe très strict, auquel il est quasi impossible de déroger. Le créateur doit donc être conscient que la signature d’un tel contrat ampute une part de son indépendance, mais lui apporte, en principe, de nombreux avantages.

    De plus, financièrement, le contrat de franchise a un coût qui doit être décrit précisément dans le contrat. En principe, il se répartit entre :– un droit d’entrée forfaitaire versé au jour de la signature du contrat ;– une redevance périodique dont la base est souvent liée au chiffre d’affaires réalisé par le franchisé ;– d’éventuels services obligatoires ou facultatifs liés à l’adhésion au réseau, tels que des frais de campagne publicitaire, un site Internet, une formation…

    Du coup, souvent, le contrat de franchise implique des investissements initiaux plus importants que la création ex nihilo, car le franchiseur impose un lieu d’implantation de premier ordre, des aménagements importants, un stock minimal…

    La signature du contrat de franchise n’a toutefois aucune incidence sur la forme juridique de la nouvelle entreprise, ni sur son régime fiscal et social.

    4 – Les obligations et les droits du candidat à la création

    Précédemment à la création de son entreprise, le porteur de projet est très souvent soit salarié, soit demandeur d’emploi. À ce titre, différentes dispositions s’appliquent à lui. Elles lui confèrent des droits, mais l’assujettissent aussi à certaines obligations qu’il doit absolument connaître.

    4.1 – Les obligations du candidat à la création

    Respect de la clause de non-concurrence

    Dans certains cas, le salarié se voit interdire de créer son entreprise car son contrat de travail comporte une clause de non-concurrence.

    Pour être valable, cette clause doit répondre à quatre conditions impératives :– être écrite dans le contrat de travail, sauf à être prévue par la convention collective ;– être limitée dans sa durée d’application et dans un espace géographique ;– être limitée quant à la nature de l’activité interdite ;– ouvrir droit à une contrepartie financière pour le salarié.

    Avant de se lancer définitivement dans son projet, le salarié créateur doit donc vérifier qu’il n’est pas tenu par une telle obligation.

    S’il crée son entreprise dans le même domaine d’activité que son employeur, alors qu’une telle clause existe, il s’expose à des sanctions et des réparations de préjudices au profit de son employeur. Toutefois, un accord de renonciation, écrit, peut être établi avec l’accord des parties.

    Absence de concurrence déloyale

    En l’absence de clause de non-concurrence, une fois le contrat de travail rompu, le salarié retrouve une entière liberté de concurrence, mais sous réserve de ne pas en user de manière déloyale.

    Pour qu’il y ait concurrence déloyale, il faut qu’une faute ait été commise, sans que celle-ci ait été nécessairement frauduleuse. Les actes reconnus par la jurisprudence comme fautifs et caractérisant la concurrence déloyale sont en général ceux qui ont pour conséquence de désorganiser l’entreprise de l’ancien employeur, de lui causer un trouble commercial et de créer une confusion dans l’esprit de la cdivtèle et/ou des spécialistes du domaine d’activité concerné.

    Dans tous les cas, la concurrence déloyale résulte d’un ensemble de faits dont l’appréciation relève de la compétence souveraine des juges.

    Lorsqu’elle est justifiée et que l’ex-employeur en rapporte la preuve, l’action en concurrence déloyale permet à ce dernier d’obtenir une réparation du préjudice subi du fait des actes fautifs de son ancien salarié.

    Ont ainsi été jugés comme constituant des actes de concurrence déloyale les comportements suivants :– détournement d’une commande au préjudice d’une société dans laquelle le fondateur était encore salarié ;– détournement d’un fichier de cdivts ;– dénigrement d’une société et détournement de la cdivtèle par un ancien salarié et un ancien sous-traitant.

    4.2 – Les droits du candidat à la création

    Le congé pour création d’entreprise

    Les titulaires d’un contrat de travail du secteur privé peuvent, sous certaines conditions, rester salariés de leur employeur et bénéficier d’un aménagement de leurs horaires de travail pour créer leur entreprise. Cet aménagement se traduit soit par un congé création, soit par un passage à temps partiel. A noter qu’un accord d’entreprise ou une convention collective peut prévoir des conditions différentes des conditions légales notamment sur l’ancienneté requise et la durée du congé.

    Pour pouvoir jouir de cette mesure, le salarié doit justifier d’une ancienneté d’au moins vingt-quatre mois dans l’entreprise.

    La durée du congé, ou du temps partiel, est alors au maximum d’un an, renouvelable une fois.

    Pour déposer sa demande, le salarié doit informer son employeur, par tout moyen conférant date certaine, au moins deux mois à l’avance. Ce courrier doit comporter :– la date souhaitée pour le début de la période de congé/temps partiel ;– l’amplitude de la réduction du temps de travail ;– la durée du congé envisagée ;– la nature de l’activité de l’entreprise qui va être créée.

    L’employeur dispose alors de trente jours pour répondre, son silence valant acceptation. Et de manière discrétionnaire, il peut retarder le point de départ du congé pour une période de six mois à compter de la demande du salarié.

    De plus, le départ en congé peut être retardé notamment si plus de 2 % de l’effectif bénéficie déjà d’un congé pour création d’entreprise, jeune entreprise innovante ou sabbatique. Si l’effectif est inférieur à 300 personnes, l’employeur peut refuser le congé lorsque celui-ci emportera des conséquences préjudiciables au fonctionnement de l’entreprise.

    Lorsque l’employeur donne son accord, un avenant au contrat de travail fixe la durée de travail en cas de passage à temps partiel. Pendant cette période, la rémunération reste proportionnelle à la rémunération initiale, en fonction du nombre d’heures travaillées.

    Le droit à une formation : le compte personnel de formation (CPF)

    Un salarié candidat à la création d’entreprise peut, sous certaines conditions, utiliser les heures acquises au travers de son compte personnel de formation pour financer des actions de formation ayant pour objet de l’aider à réaliser son projet de création d’entreprise.

    Cette période de professionnalisation se déroule pendant le temps de travail et donne lieu au maintien de la rémunération du salarié.

    Les aides financières

    Les salariés et chômeurs créateurs d’entreprise peuvent, sous certaines conditions, bénéficier d’aides financières qui seront examinées dans le chapitre concernant le statut social du créateur et dans celui relatif aux aides à la création.

    Parmi les mesures réservées à ces deux catégories de population, nous pouvons d’ores et déjà citer :– l’étalement du règlement des cotisations sociales ;– les exonérations temporaires de cotisations sociales ;– le dispositif Nacre ;– le maintien des allocations des demandeurs d’emploi ;– le prêt sans intérêts réservé à certains demandeurs d’emploi.

    Le déblocage anticipé de l’épargne acquise grâce à la participation des salariés

    Un salarié qui crée une entreprise individuelle ou une société dont il exerce effectivement le contrôle a la possibilité de débloquer de façon anticipée les droits qu’il a acquis au titre de la participation aux résultats de l’entreprise. Ce droit est également acquis si la création est effectuée par son conjoint ou partenaire de Pacs ou l’un de ses enfants.

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    Starthèse 2026 accompagne les doctorants vers l’entrepreneuriat

    Proposé par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, le programme Starthèse entend faciliter l’émergence de projets entrepreneuriaux innovants issus des laboratoires.

    De la recherche académique à l’entrepreneuriat, il n’y a qu’un pas. C’est pour valoriser les travaux de recherche et les compétences scientifiques des doctorants, et les inciter à se lancer dans la création d’entreprise, que le programme Starthèse a vu le jour. Ouvert aux doctorants et docteurs diplômés depuis moins de 5 ans, il propose d’accompagner la transformation d’un sujet de thèse en projet entrepreneurial, qu’il soit technologique, social, culturel ou environnemental.

    31 dispositifs territoriaux

    Pour l’édition 2026 du Challenge Starthèse, ce sont pas moins de 31 dispositifs d’accompagnement des jeunes chercheurs vers l’entrepreneuriat qui ont été recensés, répartis sur tout le territoire et proposant des formats variés (initiation à l’entrepreneuriat, ateliers, mentorat, challenges, parcours d’innovation…). Ils sont portés par une grande diversité d’acteurs, des universités et établissements d’enseignement supérieur aux pôles universitaires d’innovation en passant par des structures d’accompagnement à l’entrepreneuriat ou des acteurs du transfert de technologies.

    Pour en savoir plus :

    www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/starthese

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    Elsee Care rembourse les dépenses bien-être des femmes

    Elsee propose aux femmes de rembourser une partie de leurs frais de soins de santé non pris en charge par la Sécurité sociale (micronutrition, naturopathie, ostéopathie, sophrologie…) moyennant la souscription d’un abonnement mensuel.

    Sport, nutrition, massages, coaching, compléments alimentaires… les soins de bien-être représentent souvent un coût important pour les femmes. « Une grande partie des dépenses de santé et de bien-être ne sont pas remboursées, alors même qu’elles sont essentielles pour le bien-être ou pour soulager les pathologies notamment autour de la santé des femmes, explique Lara Rouyres, la créatrice de la start-up. Elsee est née avec l’ambition d’apporter de l’innovation sur ce sujet, en proposant un nouveau modèle permettant de financer ces dépenses de prévention ou ces soins de support à destination notamment des femmes. » Concrètement, les femmes choisissent un niveau de couverture, souscrivent un abonnement et peuvent ensuite envoyer leurs demandes de remboursement en ligne, en étant incitées à faire appel à des prestataires partenaires. En fonction de la formule choisie, les remboursements peuvent s’élever entre 50 % et 80 % du montant des dépenses, avec un plafond allant de 740 à 1 900 € par an.

    Construire de la confiance

    Pour lancer son projet, Laura se concentre sur le terrain. « Nous avons rencontré des personnes pour comprendre leurs dépenses de santé réelles, puis réalisé des interviews avec des professionnels de santé et du bien-être. Très vite, nous avons compris qu’il existait un besoin mais aucun acteur positionné sur ce sujet. Cela signifie que nous avons dû tout construire : le modèle économique, l’offre, la pédagogie autour du service. Le secteur souffrant également d’une certaine méfiance, notre enjeu a été de construire de la confiance, notamment grâce à la transparence et aux retours de nos membres. » Plus d’un an après sa création, l’activité se développe très bien. « Nous créons ainsi un cercle vertueux entre nos membres, les professionnels et notre plate-forme. Une grande partie de notre croissance se fait aujourd’hui par le bouche-à-oreille et les recommandations, ce qui est souvent le meilleur signal pour un service. » À court terme, l’équipe veut continuer à améliorer l’expérience de ses membres : enrichir les remboursements proposés, développer le réseau de professionnels, renforcer les contenus d’information… « Nous visons aussi les entreprises. Nombreux sont nos membres qui souhaiteraient pouvoir faire prendre en charge une partie de leur abonnement par leur employeur. Enfin, nous aimerions construire des partenariats avec les complémentaires santé. »

    Fiche de l’entreprise
    Un chiffre : plus de 35 000 personnes ont démarré un devis sur la plate-forme Elsee.Un conseil : parler à ses cdivts le plus tôt possible. Beaucoup d’entrepreneurs passent trop de temps à construire une idée en théorie. Dans notre cas, nos échanges avec les femmes et les professionnels nous ont permis de comprendre les vrais besoins et d’ajuster notre modèle. Le terrain reste le meilleur guide pour construire une entreprise utile et solide.Un contact : Lara Rouyres, www.elsee.care

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    Hors des Sentiers Battus aide les dirigeants à décider en marchant

    Pas toujours facile en tant que dirigeant de prendre des décisions éclairées même quand on dispose de nombreux tableaux de bord. Hors des Sentiers Battus 2026 propose une alternative : 48 heures de marche en pleine nature, loin du bruit et des écrans.

    Accompagner les dirigeants, sac au dos, pendant 48 heures, en pleine nature, c’est le concept proposé par Hors des Sentiers Battus. « Il ne s’agit pas d’un énième stage de développement personnel, mais d’un dispositif structuré, avec brief stratégique en amont, deux jours de marche et de travail intensif, une formalisation d’un plan d’actions, avec suivi à un mois, détaille le fondateur, Christophe Riou. L’objectif est de se mettre en mouvement pour réfléchir autrement. La marche dans la nature permet de se reconnecter à soi, de sortir de sa zone de confort pour retrouver clarté et discernement. » Coach de dirigeants depuis 15 ans et dirigeant lui-même pendant près de 20 ans, Christophe est forestier de formation et marcheur assidu. « J’ai souhaité combiner mon expérience de l’accompagnement et ma passion de la nature, de la marche et de leurs bienfaits. Pour moi, les décisions alignées ne se prennent pas dans le feu de l’action mais en faisant un pas de côté. Le mouvement accélère et renforce cet arbitrage. Hors des Sentiers Battus n’est pas un concept marketing, c’est le prolongement naturel de mon parcours. »

    Un modèle sur-mesure avec une forte relation interpersonnelle

    Pour lancer son concept, Christophe prend d’abord le soin de compléter son expérience de coaching par une formation en écopsychologie. « Cela m’a notamment conduit à élaborer un programme test d’accompagnement de dirigeants dans et avec la nature, que j’ai testé avec des cdivts que j’avais déjà accompagnés par le passé de manière classique. J’ai aussi beaucoup travaillé le format pour décliner l’ensemble du processus d’accompagnement sur 2 jours et élaboré un récit pour promouvoir mon approche en évitant l’écueil du « concept original, sympa et tendance » ! » Pas facile de convaincre les dirigeants de quitter 48 h leur bureau et de sortir de leur zone de confort. Pourtant, l’activité séduit de plus en plus de personnes. « Je ne cherche pas une croissance rapide, mais m’inscrit dans un modèle exigeant, sur-mesure avec une forte relation interpersonnelle afin de garantir la qualité de présence et d’engagement. » Christophe envisage de créer prochainement des partenariats avec des prescripteurs (experts-comptables, avocats, consultants, cabinets RH…). Il aimerait aussi lancer des formats complémentaires (canoé, itinérance avec des ânes, bivouac).

    Fiche de l’entreprise
    Un chiffre : 48 h pour réaliser l’équivalent du travail effectué en 6 mois de coaching traditionnel – indoor.Un conseil : ne pas rechercher à tout prix l’originalité, mais privilégier et s’appuyer sur sa propre singularité : cherchez une cohérence profonde entre ce que vous êtes et les services ou produits que vous envisagez de proposer. Certes, il existe une réalité de marché, mais tenter autant que faire ce peut de demeurer aligné.Un contact : Christophe Riou, https://christophe-riou.fr/horsdessentiersbattus

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    Entreprendre par passion : rêve ou opportunité ?

    Peut-on transformer ce qu’on aime en activité rentable ? La passion est-elle un moteur suffisant pour entreprendre ? Le réseau BGE propose d’aborder ces questions lors d’un webinaire qui aura lieu le 30 mars prochain.

    Le réseau d’appui aux entrepreneurs BGE se penche sur les coulisses des projets nés d’une passion. Déclic entrepreneurial, doutes, arbitrages, structuration, rapport à l’argent, équilibre personnel… qu’est-ce qui se joue réellement lorsqu’on décide de vivre de ce que l’on aime ?

    Pour aborder ces aspects de la création d’entreprise, le webinaire accueillera les témoignages d’Estelle Robbino, fondatrice de Momentum (studio de Pole Dance) et de Lydia Chalabi, dirigeante de Sports In d’Or (complexe sportif et restaurant).

    Équilibre entre plaisir et performance

    Car si, pour se lancer, ces porteurs de projet connaissent leur secteur parfaitement, ce qui leur offre un gain de temps non négligeable, monter un business reste une activité à part entière, avec des compétences spécifiques à acquérir, un modèle économique à mettre en place et une stratégie à bâtir. Le webinaire proposera de s’interroger sur comment trouver l’équilibre entre plaisir et performance, comment professionnaliser sa passion sans la dénaturer ou encore comment passer du rêve à l’opportunité concrète.

    Pour en savoir plus :

    www.bge.asso.fr

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    Le dernier Baromètre de l’Artisanat s’intéresse à la mixité

    Réalisé par l’Institut Supérieur des Métiers (ISM) en partenariat avec la MAAF, le dernier Baromètre de l’Artisanat dévoile qu’un quart des entreprises artisanales sont dirigées par des femmes. Une part qui progresse peu depuis 2015…

    Issu des données des fichiers nationaux (Insee, ACOSS-URSSAF, MEN-MESR DEPP, etc.) concernant l’artisanat, le Baromètre de l’Artisanat propose de dresser un état des lieux chiffré et cartographié du monde des artisans et de mesurer l’évolution de ce secteur. La dernière édition s’intéresse à la mixité. Le principal constat révèle que 24 % des chefs d’entreprises artisanales sont des femmes. Ce chiffre évolue peu depuis 2015 alors qu’il avait doublé entre 1985 et 2015. Il est également plus faible que dans le commerce (où 41 % des dirigeants sont des femmes) et chez les professions libérales (46 %).

    Moins de moyens financiers

    Autre caractéristique relevée par le baromètre : les dirigeantes d’entreprises artisanales ont un niveau de diplôme plus élevé que les dirigeants hommes. 59 % ont au moins un diplôme de niveau Bac, dont un quart sont diplômées de l’enseignement supérieur (contre 39 % chez les artisans). Elles créent aussi avec moins de moyens financiers, principalement dans des projets supposant une mise de fonds supérieure à 16 000 €. Ces projets représentent 5 % des entreprises créées par des femmes, contre 16 % par des hommes.

    Pour télécharger le baromètre :

    https://infometiers.org/

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    WeConsign séquestre les montants des travaux d’un chantier

    Alors qu’un chantier sur 10 est aujourd’hui abandonné en France, principalement pour des raisons financières, WeConsign propose de consigner les fonds dès le démarrage, et de ne les libérer qu’après validation.

    Argent versé mais travaux non faits, abandon de chantier, malfaçons, faillites… ou au contraire travaux réalisés mais entreprise non payée ou payée en retard sans réelle raison technique… Thierry della Rovere, expert judiciaire depuis 2015, a croisé ces situations des centaines de fois. Il en a tiré un constat simple : le litige naît souvent moins de la qualité du travail que de l’insécurité lié au paiement. D’où l’idée de créer WeConsign, une plate-forme de consignation. « En tant que tiers de confiance, elle permet de sécuriser les transactions entre acheteurs et vendeurs. Le principe est simple : l’acheteur et le vendeur s’inscrivent sur la plate-forme, l’un crée l’opération, l’autre l’accepte. Le montant de la transaction (travaux, construction…) est consigné dès le départ sur un compte spécial, séquestre, ouvert auprès d’une banque française nationale. Des échéances sont définies, elles peuvent avoir des montants différents. Au fur et à mesure de l’avancée des travaux, l’acheteur débloque les échéances et WeConsign verse l’argent à l’entrepreneur. L’acheteur est assuré contre un éventuel abandon de chantier, des travaux non réalisés ou mal réalisés… et le vendeur d’un non-paiement de ses prestations ou versement des sommes à un autre tiers. » WeConsign touche une commission calculée en fonction du montant global de la transaction.

    Un compte bancaire sécurisé

    Pour mettre en place son concept, Thierry a réalisé un long travail de conception du site mais aussi, et surtout, un travail logistique de mise en place. « Notamment auprès de la banque pour ouvrir un compte spécial, séquestre, sécurisé. WeConsign peut débloquer les fonds pour les verser aux entreprises définies mais ne peut pas accéder à ces fonds pour une autre raison. » En cas de désaccord, l’expertise est d’abord amiable, les parties pouvant faire appel à un expert indépendant de leur choix pour analyser les faits et se mettre d’accord pour finaliser les versements.

    La plate-forme a été mise en ligne début février, et est encore en phase de lancement. « Les retours sont très positifs. Beaucoup de personnes confirment qu’elles auraient fait appel à ce type de service durant leurs précédents travaux et qu’elles y souscriraient pour les prochains. » Thierry envisage de créer rapidement une application pour iPhone et Android.

    Fiche de l’entreprise
    Un chiffre : l’investissement de démarrage représente environ 70 K€, WeConsign n’a bénéficié d’aucune aide.Un conseil : la persévérance. Si on croit en son projet, il faut s’accrocher même si on n’obtient pas rapidement de réponses, même s’il faut s’adresser à 10 interlocuteurs pour obtenir 1 réponse positive, il faut persévérer.Un contact : Thierry della Rovere, https://weconsign.fr/

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    Willa Start accompagne les porteuses de projets innovants

    Le programme Willa Start propose d’accompagner pendant 6 mois des femmes qui portent un projet innovant et qui veulent valider leur business model et structurer le développement de leur activité.

    Imaginé pour les femmes qui ont un projet innovant (de tous types – usage, produit, marché… –, de rupture ou d’amélioration) et scalable (capable de faire réaliser des économies d’échelle), le programme Willa Start propose de rejoindre un réseau mondial d’entrepreneuses et d’experts bienveillants. Pendant 6 mois, les lauréates bénéficieront d’un accompagnement sur mesure, en présentiel à Paris ou en distanciel partout en France. L’objectif étant de transformer une idée en entreprise viable et solide.

    100 heures de formation en collectif et en individuel

    Ce programme prévoit, en effet, 100 heures de formation en collectif et en individuel pour résoudre ses problématiques, avec des contenus et des exercices conçus pour challenger tous les aspects du projet. 18 rendez-vous individuels sont également programmés avec des experts, ainsi qu’un suivi personnalisé.

    Les candidatures se font en ligne, en continu avec un comité de sélection qui se réunit tous les 3 mois (février, mai, septembre et novembre).

    Pour en savoir plus :

    https://hellowilla.co/programmes/willa-start/

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    Greenlog gère des flux logistiques écoresponsables

    La plate-forme de logistique verte Greenlog, qui se développe en franchise dans toute la France, veut proposer un modèle alternatif aux e-commerçants soucieux de leur impact environnemental.

    Utilisation d’adhésifs et colles végétales, recours à des emballages de seconde main, suppression du plastique, revalorisation des déchets, partenariats avec des transporteurs électriques, réduction de la consommation énergétique, panneaux solaires sur certains entrepôts… Greenlog veut faire de la logistique mais en prenant des engagements qui respectent l’environnement. « J’étais responsable grands comptes chez Fedex, je vendais du transport, explique Judiv Urbain, cofondateur. Céline était DG d’une agence de webmarketing et accompagnait des e-commerçants dans leur stratégie d’acquisition. Les cdivts de Céline avaient des besoins logistiques, mais mes cdivts (gros logisticiens) n’étaient pas intéressés. Concrètement, les géants de la logistique ne s’adressent qu’aux géants du e-commerce, mais quid d’une solution pour les primo e-commerçants ou ceux qui ne font pas des volumes énormes ? De là, nous nous sommes dit qu’il y avait un besoin. »

    Un démarrage avec peu de financements

    Céline et Judiv étant à la base des commerciaux, leur développement commercial va vite. « Notre discours, notre engagement et nos différenciations ont rapidement plu à nos cdivts. En revanche, le chemin n’a pas été simple. Nous sommes partis avec peu de financement. Erreur de débutant, nous voulions minimiser le risque et emprunter le moins possible, donc forcément une trésorerie tendue et peu de moyens pour investir. Nous avons également souffert de ne pas avoir les bons partenaires au début, qui n’ont pas su nous apporter les conseils dont nous avions besoin à l’époque. » L’ouverture de la première plate-forme logistique intervient à Angers (49) en 2019, puis 6 autres entrepôts suivent. Certifiée Ecocert, Greenlog garantit une traçabilité complète pour les produits cosmétiques et agroalimentaires et est en cours de certification B Corp. « Nous sommes aujourd’hui en forte croissance chaque année, portés par le secteur du e-commerce, avec des cdivts fidèles. Un développement informatique est prévu rapidement pour avoir notre propre application métier, mais aussi des ouvertures d’entrepôts à l’international à l’horizon 2027-2028 (Royaume-Uni, Suisse, Espagne, Allemagne, Italie, Canada). Ce développement s’appuiera sur un modèle de master franchises, avec des partenaires chargés de structurer et déployer le réseau sur leurs marchés respectifs. »

    Fiche de l’entreprise
    Un chiffre : pour démarrer Greenlog, les fondateurs se lancent avec un prêt de 30 K€ et un prêt d’honneur de 50 K€ du Réseau Entreprendre.Un conseil : savoir bien s’entourer ! Être soutenu par sa famille même dans les moments compliqués, être bien accompagné par ses conseils pour être sûr de faire les bons choix (banque, comptable), et s’entourer d’une bonne équipe de salariés, soudée et impliquée.Un contact : Judiv Urbain, www.green-log.fr

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